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Biographies : Gil Amelio
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Gilbert Amelio est, pour tous les économistes, le meilleur releveur d'entreprises du moment. C'est donc vers lui que se tourne le conseil d'administration d'Apple après les fêtes de fin d'année 1995, pendant lesquelles Apple n'a pas du tout réussi à écouler ses stocks de Performas. A cette époque, c'est Michael Spindler qui est à la tête d'Apple et peine à relancer les ventes du Mac, devenues très faibles. Le Conseil d'Administration d'Apple, réuni le 31 janvier 1996, refuse de lui accorder un quelconque répit et réclame sa démission.

A sa place, il choisit Gilbert F. Amelio, PDG de National Semiconductor et membre du conseil d'administration depuis novembre 1994. Celui-ci devient également Chairman d'Apple, à la place de Mike Markulla qui devient son second. Le lendemain, National Semiconductor annonce la démission d'Amelio. Pour les analystes, la situation est claire : le règne de Spindler et ses erreurs sont terminés. Amelio arrive chez Apple avec un salaire de 990.000 dollars par an et de nombreux bonus.


Il empêche l'OPA de Sun, qui souhaitait racheter Apple depuis quelques temps déjà mais à un prix jugé beaucoup trop faible par les actionnaires. Il s'attire vite la sympathie des employés d'Apple : pour une fois, un PDG d'Apple s'y connait en informatique : on le surnomme même Docteur Amelio !

L'euphorie est de courte durée : pour tenter de redémarrer Apple, Amelio licencie près de 3000 employés, après avoir annoncé un trimestre déficitaire de plus de 700 millions de dollars, la plus grosse perte jamais réalisée par une entreprise de la Silicon Valley... Apple a d'autres problèmes : les stocks s'accumulent, la qualité du matériel est en chute libre, le nouveau système d'exploitation accumule les retards...

Amelio décide de relancer le marché des clones Macintosh, d'abandonner le projet Copland. Le quatrième trimestre fiscal, correspondant à l'été 1996, voit Apple présenter un bénéfice de 25 millions de dollars. Le 20 décembre, Apple annonce le rachat de NeXT, l'entreprise créée par Steve Jobs après son départ d'Apple, pour un prix de près de 430 millions de dollars. Le 7 janvier 1997, lors de la MacWorld Expo de San Francisco, qui tourne au fiasco pour Amelio, Steve Jobs fait une apparition pour présenter NeXT et Rhapsody, le futur système issu du mariage de NeXT et de MacOS.

Rapidement, Steve Jobs est suspecté de vouloir prendre la place de CEO d'Apple. Même s'il le nie, tout le monde remarque que petit à petit, les lieutenants d'Amelio sont remplacés aux postes clé d'Apple par des anciens de NeXT... Et soudain, après l'annonce de Larry Ellison de son intention de racheter Apple, tout s'accélère : le prince Al-Walid, milliardaire d'Arabie Saoudite, achète pour 115 millions de dollars d'action Apple ; Ellison rencontre le Conseil d'administration ; et un inconnu (Steve Jobs lui-même ?) vend un million et demi d'actions Apple à un prix largement sous-évalué. Finalement, le 6 juillet 1997, Amelio est prié de démissionner, après 523 jours et 1,6 milliards de dollars de perte...

Pour Amelio, tout n'est pas perdu : il empoche un pactole de 50 millions de dollars ! Blessé par ce départ forcé, il écrit un livre : "Mes 500 jours à Apple" où il règle ses comptes avec Steve Jobs, l'accusant notamment de s'être approprié la paternité des G3 alors que tout avait déjà été décidé avant son retour, et surtout d'avoir réalisé un coup d'Etat avec l'aide du Conseil d'Administration. Entre autres, Amelio critique aussi l'absence de places réservées dans les parkings d'Apple, qui lui faisait perdre de précieuses minutes chaque matin. Steve Jobs, lui, a trouvé la solution : il gare sa Mercedes sur les places pour handicapés...


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