L'Aventure Apple



Chronologies : 2000 - 2001



    La fin de l'état de grâce ?

Pour la rentrée 2000, le mauvais sort semble s'acharner sur Apple : deux coups durs lui tombent dessus en même temps. Tout d'abord, il y a cette étrange affaire des fissures du G4 Cube. Le plastique semble se fissurer de part et d'autre de la machine, sur quelques centimètres de longueur, et les utilisateurs ne sont vraiment pas contents. Bien sûr, les fissures ont à peine le diamètre d'un cheveu, mais Apple avait habitué ses clients à la perfection, côté design et choix des matériaux... Apple se défend et affirme que ces "fissures" ne sont que des traces normales de moulage de la coque du Cube...

L'autre problème, c'est l'effondrement de l'action Apple au cours du 29 septembre 2000 : en réaction à l'annonce d'une légère baisse des bénéfices pour le quatrième semestre chez Apple, les investisseurs vendent en masse leurs action, provoquant une chute de son cours, qui passe de 52 à 26 dollars ! Pour les cabinets d'investissement, la position d'Apple est trop faible, elle a surtout vendu des machines récentes à ses anciens clients et n'a pas réussi à conquérir de nouveaux marchés. La rentrée, période habituellement de très grande activité, a également été très décevante pour Apple cette année, les ventes de Cube ne décollant pas. Autre explication : Apple change fréquemment de gamme, et a de gros problèmes à la fois pour lancer les nouveaux produits (souvent en retard) et pour vendre les anciens... En fait, ce sont tous les acteurs de la micro-informatique qui s'interroge : le marché est-il saturé ? Sera-t-il encore possible de vendre autant d'ordinateurs que dans les années passées ? Apple entraîne dans sa chute tous ses concurrents, Dell, Gateway, IBM, Compaq... (Microsoft n'avait pas attendu Apple pour s'écrouler). Intel, qui s'apprête à sortir un nouveau processeur, le Pentium 4, n'échappe pas à la chute. A ce sujet, il est amusant de remarquer que, pour la première fois dans l'histoire de l'informatique, un fondeur décide de sortir une nouvelle génération de processeurs plus lente que la précédente ! En effet, le Pentium 4 à 1,5 Ghz n'est pas plus rapide que l'ancien Pentium 3 à 1 Ghz !!

Le 9 octobre, Mitch Mandich, Vide-Président des ventes mondiales chez Apple, annonce qu'il quitte la société. Officiellement, il souhaite passer plus de temps avec sa famille, et Apple annonce déjà qu'elle le regrettera. En attendant qu'il soit remplacé, c'est Tim Cook, déjà Vice-Président chez Apple, qui va occuper son siège.

Les résultats pour le quatrième trimestre fiscal sont annoncés le 18 octobre : grâce à la vente de 7 millions d'actions ARM par Apple, ramenant 62 millions de dollars dans ses caisses, le gain par action est finalement porté à 47 cents. Le gain par action, en dehors des résultats d'investissements, est de 30 cents. Pendant ce trimestre, 1.122.000 Macs ont été vendus, parmi lesquels 570.000 iMacs.

Entre-temps, le 10 octobre, alors que l'action Apple continue d'errer dans le sous-sol de Wall Street, Phil Shiller (vice-président du Marketing) annonce l'arrivée de la version Beta publique de QuickTime 5 lors de la Conférence QuickTime Live!, le nouveau rendez-vous autour de la technologie d'Apple. Cette année, pour la deuxième édition de la conférence, ce sont plus de 3000 développeurs qui se sont retrouvés à Los Angeles ! Pas de véritable révolution au menu de QuickTime 5 : l'interface est légèrement revue et adopte celle du player QuickTime de MacOS X, et de nouveaux formats sont supportés (Flash 4, Shoutcast, VR cubique, Sorenson 3...). Les éléments QuickTime ont été améliorés afin d'accélérer leur utilisation dans iMovie et Final Cut Pro. Apple adopte également la mode des "skins" et offre la possibilité aux développeurs de modifier entièrement l'interface du lecteur QuickTime (à la façon des Audion ou WinAmp). Enfin, le nouveau Serveur QuickTime, version 3, améliore le transfert de données en streaming.
Apple profite également de sa conférence QuickTime pour annoncer que la version 4 de QuickTime a été téléchargée, en un an et demi, à plus de 100 millions d'exemplaires ! Quand on se souvient des pronostics pessimistes lors de sa sortie, et des récriminations contre la seule disponibilité de QuickTime 4 sur Internet, il y a de quoi se réjouir ! La version 5, de son côté, reste bien évidemment fidèle à la politique Apple et son installation nécessite le téléchargement d'un fichier de 10 Mo !

Le 17 octobre, Apple et Pinnacle annoncent la commercialisation d'un ensemble permettant le montage de vidéo non compressées, basé sur un G4, Final Cut Pro et une carte vidéo de Pinnacle. Le G4 à 400 Mhz bénéficie de quelques améliorations : une carte UltraSCSI et deux disques durs de 36 Go au même format, 256 Mo de ram, et surtout la carte Traga Cine, capable de capturer et exporter des vidéos au format SD (standard-definition) non compressé. Bien entendu, il est possible d'améliorer l'offre en choisissant un G4 équipé de deux processeurs plus puissants, d'encore plus de mémoire, de deux disques durs de 72 Go, d'un écran Apple Cinema Display à la place de l'écran cathodique. Avec la version entrée de gamme à 9.999 dollars, il y a tout de même de quoi réfléchir, même si jamais une telle solution n'avait été accessible à un aussi "petit" prix !

Dans le marché financier des nouvelles technologies qui s'écroule à vue d'oeil, Apple ne fait pas exception et annonce son premier trimestre déficitaire depuis 3 ans : en tout, ce sont 247 millions de dollars qu'Apple perd en un trimestre, qui se termine le 30 décembre 2000. Déjà, Steve Jobs annonce le retour des bénéfices pour le trimestre suivant.

    Apple au centre de l'univers numérique

Le 9 janvier 2001, la MacWorld Expo de San Francisco est l'occasion pour Apple de commencer -- enfin -- à rattraper le retard de fréquence de ses processeurs. C'est donc une toute nouvelle gamme de G4, cadencés de 466 à 733 Mhz, qui est présentée lors de la KeyNote inaugurale, diffusée en temps réel sur Internet (plus de 250.000 spectateurs via QuickTime, pour un total de 5.3 Gigabits par seconde). En fait, seules les deux premières machines (à 466 et 533 Mhz) sont réellement disponibles, les versions à 667 et 733 dollars n'étant commercialisées qu'à partir de mars... Après deux ans d'attente, un graveur de CD-Rom est enfin livré avec chaque ordinateur ! Pour la première fois sur un PC, la version haut de gamme est même livrée avec un graveur de DVD, appelé SuperDrive (en réalité, un graveur de CD-RW et de DVD-R de Pioneer) ! Le terme SuperDrive n'est pas une nouveauté chez Apple : déjà, en 1987, le lecteur de disquettes haute densité compatible DOS (FDHD), installé sur le Macintosh SE, était appelé SuperDrive ! Pour utiliser pleinement ces nouvelles fonctions, Apple livre deux logiciels : iTunes pour créer des CD-Rom musicaux, écouter la radio sur Internet et lire des MP3, et iDVD pour créer des DVD vidéo pouvant être lus sur n'importe quel lecteur DVD de salon. Ces deux logiciels rejoignent donc iMovie, la solution de montage vidéo grand public d'Apple. Preuve du succès du logiciel audio d'Apple : iTunes est téléchargé 275.000 fois en une semaine depuis le site d'Apple !

Du côté technique, ces nouveaux G4 promettent une puissance encore jamais atteinte, grâce à un bus à 133 Mhz (au lieu de 100 sur les versions précédentes), un port graphique AGP 4x (au lieu de l'AGP 2x habituel), et une carte graphique GeForce2 MX de nVidia, équipée de 32 Mo de Ram, considérée comme la plus puissante des cartes graphiques pour PC ! La Rage 128 d'ATI utilisée jusqu'alors par Apple fait bien pâle figure à côté. Il reste néanmoins possible de faire installer par Apple une carte ATI Radeon.

En fait, l'annonce majeure de cette MacWorld Expo n'est pas la nouvelle gamme de G4 de bureau, ni même les nouveaux logiciels inédits. La grande nouvelle pèse deux kilos et demie, et mesure à peine 2,5 centimètres de haut. Le nouveau PowerBook G4, puisqu'il s'agit de lui, est un ordinateur portable extraordinaire : entièrement conçu en titane (un métal extrêmement solide et particulièrement bien toléré par la peau), il dispose d'un écran large de 15,2 pouces, d'un lecteur de DVD, et sa batterie lui offre 5 heures d'autonomie ! Son processeur G4 à 500 Mhz le rend 60% plus rapide que l'ancien PowerBook G3 à 500 Mhz, grâce à l'optimisation de certains logiciels pour le G4. Une version à 400 Mhz est également présentée. En fait, selon moi, la plus grande avancée de ce portable réside dans le fait que, enfin, la pomme se retrouve à l'endroit quand la machine est ouverte, alors que, depuis 10 ans, elle était à l'envers... D'ailleurs, l'évènement est de taille, puisque 93.000 personnes se sont rendues à la MacWorld Expo, record absolu d'affluence aux Etats-Unis !

Parmi les autres annonces, on trouve, en vrac, DVD Studio Pro (la version professionnelle du logiciel de création de DVD vidéo d'Apple), une nouvelle pré-version de MacOS X (qui offre quelques nouvelles fonctions intéressantes), et MacOS 9.1. Ah ben non, Steve Jobs n'en a même pas parlé. Mais il est bel et bien disponible sur le site d'Apple ! Une manière de dire que maintenant, c'est MacOS X qui occupe le devant de la scène ?

Début février, Microsoft présente Windows XP, la nouvelle version de son système d'exploitation Windows. La communauté Mac réagit très mal à cette annonce : il est évident que l'éditeur de Redmond s'est un peu trop inspiré de MacOS et particulièrement de quelques éléments d'interface, pour créer son nouveau système. Bien sûr, il est possible de se dire qu'Aqua, l'interface d'Apple, n'a rien de bien révolutionnaire, et que Microsoft pourrait avoir eu les mêmes idées de son côté. Et pourtant, il y a trop de détails pour que les ressemblances restent accidentelles : Windows XP présente une interface appelée Luna (à comparer à Aqua, l'interface de MacOS X) ; le bleu (comme MacOS X) remplace le vert habituel de Windows ; la corbeille qui passe du bord gauche de l'écran au bord droit comme chez Apple ; les fenêtres héritent des bords arrondis de MacOS X ; et surtout, il y a ce petit canard, sur l'écran d'identification du démarrage ! Depuis MacOS 9, Apple utilise un petit canard nommé "Sarah" et Microsoft utilise ici presque le même, sous le nom de "Connor" (les habitués de Terminator auront reconnu Sarah Connor, nom de l'héroïne du film). D'ailleurs, une semaine plus tard, le petit canard disparaît du site... d'Apple !

Le 22 février, Steve Jobs se retrouve au Japon, pour la MacWorld Expo de Tokyo. Devant le public nippon, il présente les nouveautés de la MacWorld précédente, la nouvelle génération de Cubes (plus puissants ou moins chers, au choix), iTunes 1.1 qui permet de graver avec des graveurs d'autres constructeurs qu'Apple, et surtout, les nouveaux iMacs. Enfin, "nouveau", c'est beaucoup dire : les iMacs 2001 sont toujours équipés de l'écran 15 pouces original, et héritent simplement (enfin !) d'un graveur de CD, et de quelques Mhz de plus (600 pour la version haut de gamme). Les modèles bleus et graphite sont seuls conservés. Le Rubis, le Sauge et la Neige laissent la place à Flower Power et Blue Dalmatian. Autrement dit : des textures psychédéliques faites, dans un cas, de fleurs incrustées dans le plastique, et, dans le deuxième modèle, de gros points blancs dans un plastique bleu... A un moment où la santé financière d'Apple est redevenue fragile et où l'iMac est en fin de course, on se dit que les designers d'Apple devraient peut-être laisser un peu plus de place aux ingénieurs... De plus, il apparaît rapidement que les iMacs mis en vente sur le marché européen ne sont pas les mêmes que les modèles américains, ces derniers profitant de processeurs plus récents et donc plus puissants !

Le 24 mars, comme prévu, MacOS X est disponible dans le monde entier. Pourtant, malgré 4 ans, 2 mois et 17 jours de développement depuis l'annonce de Rhapsody par Steve Jobs et Gil Amelio, la version distribuée ce premier samedi du printemps 2001 est incomplète. Il manque à MacOS X la capacité de lire des DVD et de graver des CD... Selon Apple, ces absences seront comblées au cours du printemps, grâce aux mises à jour automatiques sur Internet. Déjà, iTunes, iMovie et AppleWorks sont disponibles sur le site d'Apple le jour de la sortie du système, tandis que Final Cut Pro est prévu pour l'été.
En fait, MacOS X n'est pour le moment vendu que sous forme indépendante, et ne sera installé sur tous les ordinateurs Apple qu'à partir de l'été 2001, quand le système sera vraiment complet. En attendant, les utilisateurs de G3 et G4 de bureau ou portables peuvent acheter pour 129 dollars (près de 1000 FF) une boîte comprenant MacOS X, MacOS 9.1 (pour la compatibilité avec les applications classiques) et un CD de développement.

Une semaine plus tard, le second trimestre fiscal se termine pour Apple, qui retourne dans le vert, après un premier trimestre qui avait vu la firme perdre de l'argent pour la première fois depuis 3 ans. Apple s'offre même le luxe, dans un marché des nouvelles technologies en plein désarroi, de dépasser de 1000 % les prévisions de Wall Street, en présentant un bénéfice de 43 millions de dollars, soit 11 cents par action, là où l'on attendait à peine un penny !
Une bonne nouvelle n'arrivant jamais seule, Steve Jobs en profite pour annoncer la commercialisation du 5 millionième iMac depuis son lancement, moins de 3 ans plus tôt...

Le 21 avril, Apple devient la première société informatique à abandonner les écrans cathodiques : l'ancien écran 17 pouces à tube cathodique laisse la place à un Studio Display 17 pouces.
Le 23 avril, Apple lance QuickTime 5. Au menu de la nouvelle version : une interface repensée, plus légère, quasiment la même que celle du lecteur QuickTime de MacOS X. Flash 4, MPEG-1 et Cubic VR font leur apparition, ainsi qu'un nouveau codec pour le format DV des caméscopes numériques. La nouvelle version est téléchargée 1,5 millions de fois en moins d'une semaine.

Le 1 mai 2001, sans même attendre les traditionnelles MacWorld Expo de juillet ou Apple Expo de septembre, Steve Jobs dévoile lors d'une réunion spéciale le remplaçant de l'iBook. Il profite également de l'occasion pour annoncer la deuxième mise à jour de MacOS X, numérotée 10.0.2. En revanche, aucun mot sur la chaîne de magasins Apple que des rumeurs de plus en plus insistantes espèrent voir fleurir aux Etats-Unis.

Le nouvel iBook abandonne complètement le design original, tout en couleurs et en rondeurs, et adopte l'aspect Titanium du PowerBook G4. Il conserve un processeur G3, cadencé à 500 Mhz, et l'écran 12,1 pouces d'origine (qui passe néanmoins à 1024 x 768 pixels au lieu de 800 x 600). Pour éviter de concurrencer le PowerBook G4, Apple conserve également le bus système à seulement 66 Mhz, contre 100 Mhz sur le portable G4 et 133 sur les machines de bureau. On retrouve évidemment les ports USB, FireWire, Ethernet, le modem intégré, mais aussi un port vidéo RGB permettant de brancher un écran externe, et une prise AV pour connecter la télévision ou la chaîne hi-fi (ou un simple casque stéréo). Par rapport à la génération précédente, le nouvel iBook perd 1,3 kilogrammes, 1,5 centimètres d'épaisseur, 5 centimètres de largeur et autant dans la profondeur !
Quatre configurations sont disponibles : la seule grosse différence est le type de lecteur : un lecteur de CD, un lecteur de DVD, un graveur de CD ou un combo DVD-CD-RW. Les prix des configurations s'étalent de 12.000 à 17.000 francs, en baisse par rapport aux configurations équivalentes de la génération précédente.


Les rumeurs au sujet de la chaîne de magasins Apple se révèlent fondées 3 semaines plus tard, le 19 mai. On découvre alors les 2 premières boutiques, l'une à Tysons Corner (McLean, Virginie) et l'autre à la Glendale Galleria (Glendale, Californie). Le succès est au rendez-vous : des files de clients s'étalent sur plusieurs centaines de mètres, jusqu'aux parkings ! Apple ne se contente pas de vendre ses logiciels et son matériel : elle permet de découvrir des solutions complètes à base de Macs et de logiciels et matériels de tierces parties. Particularité des Apple Stores : le "Genius Bar", où chacun peut venir poser une question sur le Mac à un "génie" qui, au besoin, peut contacter le quartier général d'Apple !

Deux jours plus tard, surprise générale : avec deux mois d'avance, Apple décide de commercialiser tous ses Macs avec MacOS X, qui a bénéficié de quelques mises à jour depuis sa sortie. Si les Macs seront installés en standard avec MacOS 9, les clients pourront également utiliser MacOS X, sans attendre le mois de juillet qui avait été initialement prévu.

Le 3 juillet, Apple décide finalement d'arrêter la production du G4 Cube. Steve Jobs avoue donc les mauvaises ventes de la machine, tout en rappelant que les propriétaires de ce modèle de design et d'intégration en sont très contents. La machine subissait en fait la concurrence du G4 mini-tour, plus évolutif et moins cher, mais plus bruyant et plus encombrant.

Dans l'attente de la MacWorld Expo, qui doit débuter le 18 juillet à New-York, les grands sites de rumeurs spécialisés dans le Mac rivalisent d'imagination... La gamme iMac, en particulier, continue d'être le centre d'intérêt des webmasters, graphistes et rédacteurs de toutes sortes, qui le voient déjà (ou plutôt de nouveau) équipé d'un écran plat, du graveur de DVD hérité du G4, et pourquoi pas d'un processeur G4 !
Une fois de plus, les rumeurs étaient infondées... C'est à nouveau la même gamme qui reprend du service, non sans gagner au passage 100 Mhz. Une goutte d'eau dans l'océan des boulets que traîne maintenant l'iMac : un écran 15 pouces inchangé depuis 3 ans, un choix nécessaire entre graveur de CD et lecteur de DVD, et un design vieillissant, bien qu'encore inégalé.
Steve Jobs profite de son KeyNote à New-York pour présenter la version 10.1 de MacOS X, première grosse mise à jour, particulièrement attendue et plutôt réussie : de nouvelles options apparaissent pour mieux contrôler le dock, les logiciels de gravure de CD et DVD sont disponibles, et tout le système est très largement accéléré et beaucoup plus réactif.
Dans le même temps, Apple présente sa nouvelle gamme de PowerMacs G4, atteignant 866 Mhz. L'ancien haut-de-gamme, le G4 à 733 Mhz, devient la nouvelle entrée de gamme. Un modèle équipé de deux puces à 800 Mhz est également disponible, et présenté comme le PowerMac le plus puissant jamais commercialisé. Les G4 profitent également d'un nouveau design, surnommé "QuickSilver".

Le 17 septembre, une semaine avant le coup d'envoi de l'Apple Expo de Paris, Steve Jobs annonce la décision d'Apple d'annuler le plus grand rassemblement informatique d'Europe, suite aux attentats anti-américains du 11 septembre à New-York. Apple, une des marques américaines les plus connues dans le monde, craint en effet des actions terroristes sur le sol européen.

Le 25 septembre, c'est donc à San Francisco, lors du Seybold, que Steve Jobs annonce la commercialisation de MacOS X 10.1. Cette annonce aurait en fait du avoir lieu à Paris, quelques heures plus tard, lors du KeyNote d'ouverture de l'Apple Expo. La mise à jour sera disponible le 29 septembre, gratuitement pour les propriétaires de MacOS X. Enfin, en théorie, puisque Apple a très largement sous-estimé la demande, et que de nombreux utilisateurs se sont vus contraints à commander une mise-à-jour à prix réduit (de 100 à 130 francs), la version gratuite ayant disparu en quelques jours...

Le 16 octobre, Apple améliore ses gammes de portables, l'iBook et le PowerBook. Bus système accéléré (100 Mhz au lieu de 66 pour le premier, 133 Mhz au lieu de 100 pour le second), processeurs plus rapides (respectivement 600 et 667Mhz, au lieu de 500) même si les anciennes configurations restent disponibles, disques étendus et nouvel adaptateur secteur : les nouveaux modèles misent sur la continuité, préservant les avantages acquis et donnant une seconde jeunesse à des modèles qui rencontrent un succès sans précédent, représentant près de 30% des ventes d'Apple !

Le lendemain, et malgré la morosité qui continue de frapper le monde informatique et la consommation en général, Apple annonce un nouveau trimestre bénéficiaire. Mis à part Dell, tous les autres acteurs majeurs de l'informatique annoncent des pertes pour l'exercice en cours : finalement, Apple et Dell, les nouveaux ennemis héréditaires, ont peut-être quelque-chose en commun...

Le 23 octobre, après une semaine de suspens, Apple présente "un nouveau produit révolutionnaire" comme le précisait l'invitation à la présentation destinée aux journalistes. L'invitation précisait "Indice : ce n'est pas un Mac". Il n'en fallait pas plus pour que le monde Mac et l'univers informatique en général se répandent en suppositions, rumeurs et fausses informations diverses : mais finalement, avec les informations distillées par diverses sources qui savaient notamment que les équipes QuickTime et iTunes étaient sur le coup, l'idée d'un baladeur MP3 l'avait emporté dans l'esprit de tous. Et c'est en effet ce qu'Apple présente : iPod, un boîtier "de la taille d'un jeu de cartes", contenant un disque dur de 5 Go, un écran à cristaux liquides et quelques boutons, permettant de stocker jusqu'à 70 heures de musique, mais également n'importe quels fichiers comme un simple disque dur. Si l'objet coute plus cher que ses concurrents (3600 FF), il faut bien reconnaître qu'il dispose d'avantages qui justifient son prix : une connexion FireWire permettant de télécharger l'équivalent de 50 CDs en 10 minutes, contre 10 heures sur un baladeur MP3 en USB, un système de navigation inédit, et surtout une intégration parfaite avec iTunes, version 2, qui gère le contenu de l'iPod, met à jour les musiques en fonction des MP3 de votre Mac, et organise la présentation des titres. Dès sa sortie, les commentaires affluent : si certains y voient une révolution dans le monde de la musique portable, certains lui prédisent déjà le même avenir qu'au Cube, révolutionnaire mais trop cher, peu vendu et finalement abandonné par Apple.

Enfin, pour terminer le mois d'octobre, Apple lance la mise à jour du logiciel iDVD, qui, sans révolutionner le principe, apporte quelques améliorations : l'encodage du DVD en tâche de fond sous MacOS X.1, des boutons et fonds d'écran animés dans les sommaires de DVD, et de nouvelles interfaces...

Le 13 novembre, c'est au tour de la technologie de réseau sans-fil AirPort d'être mise à jour, après presque deux ans et demie d'existence. La nouvelle version autorise 5 fois plus de connexions simultanées (50 au lieu de 10), elle offre un cryptage des données plus puissant, en 128 bits au lieu de 40, et devient compatible avec AOL, premier fournisseur d'accès au monde. Bien sûr, le système est compatible tant avec MacOS 9 (qui en est à la mise à jour 9.2.2) que MacOS X (qui en est, lui, à la 10.1.1). Et tant qu'on est dans les précisions, l'action Apple, de son côté, est de nouveau aux alentours de 20 dollars, après avoir flirté un moment avec les 25 dollars ! Pendant ce temps, QuickTime 5 rencontre un franc succès, puisque c'est à plus de 300.000 téléchargements que les serveurs d'Apple doivent faire face chaque jour !

Le 4 décembre, Apple annonce la version 3 de Final Cut Pro, son logiciel professionnel de montage vidéo. Au menu de la nouvelle mouture : des algorithmes capables de traiter certains effets en temps réel (sans nécessiter de carte spécialisée), un système de correction des couleurs (une technologie équivalente à un équipement coûtant plusieurs dizaines de milliers d'euros selon Apple), un système de compression de la vidéo pour gagner de la place, et surtout la compatibilité avec MacOS X.

Enfin, pour bien terminer l'année, Apple décide de fournir tous ses PowerBooks G4 avec son lecteur de DVD graveur de CD, le Combo Drive.


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