L'Aventure Apple



Chronologies : 1998 - 2000



    Le début du grand ménage...

Apple commence enfin à présenter une gamme logique, avec la sortie des PowerBooks Serie G3. Jusqu'à 300 Mhz et écran 14,1 pouces, soit un bon 15 pouces de bureau !

On apprend peu après que Rhapsody change de nom, pour devenir MacOS X (prononcez MacOS 10), qui sera supporté par tous les G3 et les futurs G4. Au menu : presque tous les avantages de Rhapsody, sauf peut-être la version Intel. Mais rien d'officiel à ce sujet. Ce système est enfin l'occasion pour Apple de faire le ménage dans les API (interfaces de programmation), pour mettre à jour les gestionnaires antédiluviens, et unifier les ressources.
Comme Rhapsody, il proposera la mémoire protégée et dynamique, pour éviter les crashs, le support de Java, des applications MacOS actuelles, des applications Carbon (c'est à dire mises à jour pour MacOS X).
Une version spéciale, encore plus proche de Rhapsody, appelée MacOS X Server sera utilisé pour les serveurs.

Et c'est en mai 1998 qu'Apple présente cet ordinateur révolutionnaire, au design incomparable et à un prix enfin accessible, fruit du travail des équipes de Jonathan Ive : le iMac. Cette petite boite bleu translucide, de la taille d'un écran 15 pouce standard, intègre un lecteur de CD 24x, un modem 56000 (au lieu du 33.6 initialement prévu), et surtout deux ports USB, faisant d'Apple le premier constructeur a miser véritablement sur ce nouveau mode de branchements. Dès sa première semaine de commercialisation, il dépasse les 150.000 unités. Comme le dira le gérant de CompUSA : "On a vendu autant de iMac en un week-end que d'ordinateurs en un mois". La presse internationale réserve un accueil très enthousiaste au iMac : il apparaît dans de nombreux journaux et revues, et fait parler de lui à la télévision et à la radio.

Petite anecdote amusante : lors de la sortie des Performas, Apple France avait lancé une campagne de pub avec en vedette un utilisateur de PC, qui disait qu'il n'achèterait jamais de Mac.
On lui présente alors le 8100/110 "le plus puissant micro du monde". Réponse : "Peut-être, mais je veux du multimédia". On lui présente donc le 5200 "le micro le plus multimédia". Réponse : "Peut-être, mais j'ai besoin de la compatibilité avec Windows". Pas de problème, voici le 6100 DOS compatible "le plus compatible au monde". Il rétorque alors "Mais le prix aussi est important". Alors on lui donne les prix, pas si chers que ça, en fait. A court d'argument, il lance alors "Mais existe-t-il aussi en bleu ?"
Ce qui à l'époque paraissait ridicule et bien marrant vient enfin d'avoir lieu !

Après la sortie fracassante du iMac fin août 1998, Apple doit faire face à un léger retard pour son nouveau système : MacOS 8.5, présenté comme la mise à jour la plus importante du système depuis le 7.0 ! Effectivement : avec l'arrêt du soutien des Macs à base de processeur 680x0, le système gagne en vitesse grâce au nouveau code optimisé PowerPC. Sherlock fait également une arrivée remarquée : c'est un moteur de recherche qui sait rechercher des fichiers, comme l'outil de recherche du Finder le faisait depuis 15 ans, mais aussi du texte dans les fichiers, et sur Internet, en interrogeant simultanément tous les moteurs de recherche ! Steve Jobs vient lui-même le présenter à AppleExpo 98 : c'est son premier voyage officiel en France depuis plus de 10 ans. Peu après Apple Expo, Apple finalise la nouvelle gamme de G3, avec des fréquences allant de 266 à 333 Mhz. Pendant ce temps, Microsoft présente, avec plus d'un an de retard, son système Windows 98.

 

Le grand retour d'Apple

Dès janvier 1999, le syndrome iMac touche toute la gamme d'Apple : la nouvelle carte-mère Yosemite (du nom du Parc National américain) et le nouveau design El Capitan (l'une des montagnes de ce Parc) font leur apparition sur des PowerMacs embarquant un processeur PowerPC G3 de 300 à 400 Mhz, un lecteur DVD et Zip sur certaines configurations, en même temps que d'autres annonces fracassantes lors de la MacWorld Expo : les nouvelles couleurs du iMac (mandarine, myrtille, raisin, citron vert, fraise), les annonces de jeux (Tomb Raider 3, Myth 2, Age of Empires...) et MacOS X Server, pendant qu'Apple se permet un clin d'oeil au film "2001 l'Odyssée de l'Espace", où HAL fait remarquer que seuls les Macs ont passé l'an 2000... La gamme des G3 est mise à jour peu après, en juin, avec 3 fréquences de 350 à 450 Mhz.

La MacWorld Expo de New-York, en juillet, est l'occasion d'une nouvelle annonce : le portable grand-public, le iBook, est enfin dévoilé ! Arborant un nouveau design (dans le style iMac, en blanc et deux couleurs au choix : bleu et orange), il embarque un G3/300 et un disque dur de 3.2 Go, ainsi qu'un lecteur de CD-Rom 24x (hélas pas de DVD...). Le design est très vite l'objet d'une polémique, suite à un article de John Dvorak, un journaliste américain (habitué des revues PC). Ce dernier critique le design du iBook, le comparant à une boite de maquillage ou à un ustensile pour Barbie. Les réactions sur le Net n'ont pas tardé, Dvorak se faisant traiter de machiste, et recevant de nombreux messages des fans d'Apple. Le plus amusant dans l'affaire, c'est que Dvorak avait déjà, en 1984, critiqué le premier Macintosh, et soutenu IBM en présentant le PC comme "un ordinateur d'homme, créé par des hommes pour des hommes"...
En même temps que le iBook, Apple dévoile l'AirPort, un nouveau mode de connexion : il est constitué d'un boîtier qui se connecte à un réseau local où à une prise téléphone, et de cartes qui s'insèrent dans les iBooks et qui permettent à ces derniers de communiquer avec la base. Les iBooks peuvent ainsi partager à 10 une ligne internet ou une connexion à un réseau local. La portée est de 45 mètres, à travers les murs (grâce au système d'émission d'ondes radio et non pas d'infrarouges).
Enfin, toujours à la MacWorld Expo, Apple présente QuickTime TV : basé sur QuickTime 4 et plus de 900 serveurs répartis dans le monde, QuickTime TV permet aux internautes de recevoir sur Internet des émissions de télévision, en assez bonne qualité. Ainsi, la BBC, ABC News, Disney ou encore Fox Sport pourront être regardée avec QuickTime, en temps réel.

L'action d'Apple poursuit sur sa lancée et dépasse les 60 dollars, un prix qu'elle n'avait plus jamais atteint depuis 1993, à l'époque du Système 7.1 et des lecteurs de CD double vitesse ! Preuve de la confiance d'Apple en son avenir, elle a même racheté pour 500 millions de dollars de ses propres actions !

En Août, lors de sa conférence au Seybold 99, Steve Jobs annonce le lancement des PowerMacs G4, équipés du Velocity Engine (appelé AltiVec chez Motorola). Les machines reprennent le même boîtier que les PowerMacs G3 (design El Capitan), mais en noir et blanc ! Les performances du nouveau processeur sont époustouflantes : en se basant sur les grilles de performances d'Intel, Apple annonce que son G4/500 est 3 fois plus rapide que le processeur le plus rapide d'Intel : le Pentium III /600 ! Les G4 sont tellement rapides que le gouvernement américain en interdit la vente aux pays "ennemis" (l'Iran, entre autres...).
En même temps, Apple lance l'écran Apple Cinema Display, un écran plat en 16/9, offrant une diagonale réelle de 22 pouces. Cet écran se destine principalement aux professionnels de la vidéo et du graphisme. Malgré son prix (30.000 francs), sa qualité et son design en font le complément idéal du G4/450, avec lequel il sera vendu sur l'AppleStore.
L'action d'Apple continue sur sa lancée, et dépasse les 77 dollars début septembre ! C'est son plus haut niveau de toute l'histoire d'Apple.

Malgré des rumeurs qui laissaient présager quelques annonces, le grand salon informatique AppleExpo 99 à Paris n'accueille Steve Jobs que pour un "remake" de ses conférences de Juillet et d'Août. L'annonce tant attendue ne tardera pas, et c'est début octobre qu'Apple annonce les nouveaux iMacs, équipés dès leur sortie de MacOS 9 et de son moteur de recherche Sherlock 2. Après le succès phénoménal de son grand frère (2 millions de iMacs vendus en 1 ans !), cette nouvelle version offre le DVD, 10 Go de disque dur et les deux ports FireWire tant attendus par les clients. En fait, trois iMacs sortent en même temps : la version d'entrée de gamme (sans FireWire, à 350 Mhz), une gamme "iMac DV" avec les ports FireWire et 64 Mo de Ram, et une version spéciale, le "iMac DV Special Edition", avec 128 Mo de Ram et un processeur G3 à 400 Mhz. Cette dernière version est disponible uniquement en gris graphite, l'entrée de gamme uniquement en bleu, et les versions DV en 5 couleurs. Sur tous les modèles, le lecteur de CD-Rom à tiroir est remplacé par un "avale-CD", sans tiroir. Prix des machines : 999$, 1299$ et 1499$.
Pour l'occasion, une nouvelle campagne de publicités, axées sur la capacité du iMac à créer des vidéos (avec le logiciel iMovie), est diffusée aux Etats-Unis, puis plus tard en France. En même temps, une campagne publicitaire pour le iBook, basée sur l'aspect "sensuel" que certains trouvent à l'iBook et des chansons de Barry White est diffusée à la télévision.

Un événement tragique, le tremblement de terre à Taiwan, va mettre à mal la stratégie de distribution d'Apple. La production de iBook et de iMac est ralentie, les stocks s'épuisent, et seules quelques commandes peuvent être honorées. Un gros problème de production chez Motorola va en plus obliger Apple a revoir à la baisse les fréquences des G4, qui passent à 350, 400 et 450 Mhz. La version à 500 Mhz était effectivement atteinte d'un bug de la mémoire cache. Les clients qui avaient commandé un G4/500 se retrouve donc avec la version 450, pour le même prix... Comme si de rien était, l'action Apple continue son ascension pour dépasser les 100 dollars en décembre !

Après ces événements, on apprend qu'Apple a décidé de ne pas participer à l'AppleExpo 2000 de Londres, pour focaliser ses efforts sur celle de Paris. Il est vrai que celle-ci, qui a lieu en septembre, est l'occasion pour Apple de lancer en Europe ses produits présentés à la MacWorld Expo de juillet aux Etats-Unis.

Le mois de janvier 2000 est marqué par une annonce qui surprend tous les utilisateurs : MacOS X offrira une interface totalement repensée. On attendait une interface platine remaniée, et Steve Jobs présente la nouvelle interface Aqua, qui renouvelle à la fois l'interface elle-même mais aussi de nombreux principes de l'utilisation d'un ordinateur. Comme promis, MacOS X reste compatible avec les applications pour MacOS 8 et 9.
L'annonce de MacOS X est suivie par celle du nouveau site Web d'Apple. Celui-ci offre aux utilisateurs (américains dans un premier temps) de MacOS 9 de nombreux services : adresse e-mail (avec possibilité de "répondeur"), stockage de données sur Internet, création de site web, iCards… Le site reste aussi un outil d'informations sur l'entreprise et ses partenaires.
L'autre grande annonce est la décision de Steve Jobs de devenir PDG d'Apple, perdant ainsi son qualificatif légendaire d' "intérimaire". Pour le fun, il conserve néanmoins le titre de iCEO... Il faut dire que le conseil d'administration d'Apple avait avancé des arguments particulièrement alléchants : entre autres, Steve Jobs peut enfin abandonner son hélicoptère pour lui préférer un jet privé, d'une valeur de 40 millions de dollars, payé comme il se doit par Apple... Et aussi un petit bonus : 10 millions d'actions Apple, soit plus d'un milliard de dollars de stock-options. Selon certains, il le mérite bien, selon d'autres, il ne le doit qu'à la présence, dans le conseil d'administration, de plusieurs de ses amis proches...
En revanche, rien au sujet du nouveau portable haut de gamme. On l'attendait impatiemment, mais Apple n'a rien annoncé. Selon les rumeurs, Apple aurait déjà un portable prêt à être lancé, mais ATI n'aurait pas fourni assez de cartes graphiques... Autre version : Apple aurait repoussé la sortie de son portable pour éviter de devoir faire face à un trop grand nombre de commandes avant d'avoir pu constituer un stock suffisant.

Heureusement pour les acheteurs potentiels, le nouveau PowerBook arrive peu après, à la MacWorld Expo de Tokyo. La grande rencontre du Mac au Japon, en février, est l'occasion de remettre à jour les gammes G4, iBook et PowerBook. Ainsi, le PowerBook atteint 500 Mhz, toujours équipé d'un G3, et sans nouveautés du côté du design. Les 3 nouvelles gammes s'ouvrent à l'AirPort, la solution de communication sans fil d'Apple. Un nouveau iBook Special Edition, de couleur grise, atteint les 366 Mhz, et voit son prix s'envoler pour atteindre près de 15.000 francs ! Un disque dur légèrement plus grand et quelques mégahertz de plus ne justifient certainement pas un écart de prix de près de 2000 francs ! Les G4 voient enfin leurs fréquences atteindre les 500 Mhz, comme au moment de leur lancement. Néanmoins, des rumeurs très pressantes au sujet de Motorola apparaissent ici et là : Motorola empêcherait IBM de fournir à Apple ses processeurs G4 à 650 Mhz, car il serait lui-même incapable d'atteindre de telles fréquences... Pour empêcher IBM de diffuser ses G4, Motorola lui refuserait la licence sur la technologie Velocity Engine. Apple chercherait donc à fabriquer elle-même ses processeurs ou à racheter un autre fondeur pour se libérer de Motorola... De son côté, le nouvel iMac (peut-être équipé d'un écran 17 pouces) est toujours bien gardé au secret...

Apple annonce en avril les résultats du trimestre : ils sont très largement supérieurs aux prévisions des analystes. L'action d'Apple, entraînée par l'écroulement du Nasdaq, retombe aux alentours de 120 dollars, après avoir dépassé les 140 dollars quelques semaines auparavant ! Si la bourse permet de voir la confiance du marché dans une entreprise, Apple s'en sort bien, son action étant l'une de celles qui ont moins baissé que le Nasdaq (indice des valeurs technologiques de la bourse de New-York). Devant son succès, Apple prévoit même de porter le nombre de ses actions de 400 à 900 millions, tout d'abord en divisant leur prix par deux afin de multiplier leur nombre par autant, puis en émettant de nouvelles actions pour financer ses opérations. De son côté, l'action Microsoft perd près de la moitié de sa valeur, réduisant la fortune de Bill Gates de 100 à 53 milliards de dollars...

En mai 2000, la grande rencontre des développeurs Apple (WWDC 2000) est l'occasion de plusieurs surprises, bonnes ou mauvaises. Tout d'abord, on a droit aux traditionnelles entrées en matière (ventes, bénéfice...) : parmi les chiffres intéressants, on apprend qu'Apple a vendu 3 millions et demi d'iMacs en 20 mois, et que QuickTime 4 a été téléchargé plus de 50 millions de fois, pendant que le site Apple devient le portail de bandes-annonces de films le plus visité ! Autre nombre impressionnant : le site apple.com accueille plus de 10 millions de visiteurs chaque semaine ! Ensuite, Steve Jobs présente les WebObjetcs, ces outils de développement de serveur webs, qui passent de 50.000 à 699 dollars. Apple annonce aussi la possibilité de télécharger gratuitement son logiciel de montage vidéo grand public, iMovie. La meilleure surprise est la nouvelle version de MacOS X, avec un design amélioré et plus agréable. La mauvaise nouvelle vient du côté des jeux : alors que depuis quelques années Apple tentait de faire revenir les développeurs vers le Mac en leur fournissant des sprockets facilitant le développement, Apple a finalement décidé de ne plus les développer sous MacOS X : il seront remplacés par un nouvel ensemble d'outils, obligeant les développeurs à adapter leurs applications... Autre mauvaise nouvelle : MacOS X est repoussé de 6 mois : la version qui sera lancée à l'été 2000 ne sera qu'une dernière version d'essai, au lieu de la version finale annoncée... Apple tente bien de maquiller ce retard sous un simple changement de nom de version, le résultat est le même !

QuickTime fait reparler de lui le 13 juin, avec l'accord entre Apple et RealNetwork, concurrents dans le domaine de la vidéo en temps réel sur Internet. L'accord vise à permettre aux concepteurs de site de disposer des deux technologies sur un seul serveur, alors que jusqu'à présent ils étaient obligés de disposer d'un serveur par technologie. Ainsi, Apple et RealNetwork répondent aux souhaits des webmasters d'éviter au maximum les doublons au niveau de l'infrastructure des sites.

Pour Apple, juillet est le mois de la MacWorld Expo de New-York. Chaque année, à cette époque, les sites consacrés à Apple tentent de deviner ce qu'Apple s'apprête à annoncer, souvent sans succès. Toutefois, cette année, une rumeur insistance voulait qu'un nouveau G4, en forme de cube, soit présenté, ainsi qu'une nouvelle gamme de G4 équipés de 2 processeurs, sans oublier les nouveaux iMacs, avec leur écran 17 pouces tant attendu. De plus, le PDG d'ATI, ne sachant pas tenir sa langue, avait révélé que Steve Jobs allait dévoiler un nouveau iMac et deux nouveaux PowerMacs...

Les nouveaux produits ne décoivent pas les spectateurs... Les rumeurs étaient - en partie - fondées : c'est bien un nouveau G4, à peine haut de 30 cm, qui est présenté. La machine, entièrement cubique, est perchée sur un socle en plastique transparent d'une dizaine de centimètres de haut. Comparée au G4 Tour, le G4 Cube parait vraiment minuscule, alors même que le G4 était déjà lui-même plus compact que les tours précédentes de chez Apple. On retrouve dans la machine un G4 à 450 ou 500 Mhz, le lecteur de DVD, un port USB, un port FireWire, un modem et une carte réseau, ainsi que le traditionnel AirPort. La machine est fournie avec une carte ATI Rage 128 Pro, 64 Mo de Ram et un disque dur de 20 Go. Comme le fait remarquer Steve Jobs, c'est "un super-ordinateur qui occupe moins de place qu'une simple feuille de papier"... Tant que vous y êtes, passez voir cette page comparant le Cube d'Apple et le Cube de Next, créé 12 ans plus tôt, par le même Steve Jobs...
A côté de ce "Cube", Apple présente comme prévu un PowerMac G4 équipé de 2 processeurs. Même si la technique n'est pas nouvelle (le PowerMac 8500 avait eu une version bi-processeur), c'est la première fois qu'un fabricant d'ordinateur fournit en standard une machine équipée de 2 processeurs. Là où le Cube est capable d'effectuer 3.5 milliards d'opérations par secondes, le nouveau G4 peut atteindre les 7 milliards d'opérations ! En comparaison, le Pentium III à 1 Ghz n'a pas encore atteint le milliard d'instructions par seconde ! Toutefois, les logiciels doivent être optimisés pour tirer pleinement partie des deux processeurs. On raconte qu'une grande société d'effets spéciaux destinés au cinéma a décidé de se débarrasser de tous ses PC, après avoir comparé les prototypes de G4 aux Pentium 3 qu'elle utilisait...

Les annonces ne s'arrêtent pas là : pendant 9 mois, les ingénieurs et designers d'Apple ont pu préparer quelques surprises. Tout d'abord, de nouveaux iMacs, cadencés de 350 à 500 Mhz, remplacent l'ensemble de la gamme précédente. Une nouvelle déclinaison fait son apparition : l'iMac DV+, qui vient se loger entre le DV et le DV SE. Malheureusement, seules les couleurs et la carte graphique (une ATI Rage 128 Pro) différencient ces nouveaux modèles des anciens. L'écran reste un 15 pouces... En revanche, Apple s'est enfin décidée à abandonner ses anciens claviers et souris : une nouvelle souris, de forme ovale, remplace sur tous les modèles l'ancienne souris ronde, qui avait fait couleur beaucoup d'encre. La souris ne se contente pas de reprendre une forme habituelle : elle abandonne la boule, remplacée par un système optique plus précis et n'ayant pas besoin d'être nettoyé. Là aussi, il s'agit d'une première mondiale, aucune gamme de PC n'étant fourni d'origine avec ce type de souris. En revanche, la souris reste reliée à l'unité centrale par un câble, alors que l'on s'attendait à une souris sans fil. Apple ne s'arrête pas là et décide même de supprimer le bouton de la souris ! En fait, c'est tout le corps de la souris qui est sensible à la pression. La souris est accompagnée d'un nouveau clavier, équipé de 108 touches : on retrouve enfin les touches de déplacement séparées et les touches spéciales entre les lettres et le pavé numérique. Dès septembre, claviers et souris seront disponibles au prix de 59 dollars chaque, pour remplacer les anciens modèles. Il n'y a pas de petit profit...

Enfin, la MacWorld est l'occasion de présenter quelques nouveaux écrans : un nouveau 15 pouces plat, qui reprend la forme de l'Apple Cinema Display, ainsi qu'un nouvel écran cathodique de 17 pouces de diagonale. Les 3 écrans permettent d'utiliser un tout nouveau câble, qui combine le signal vidéo, le câble USB et l'électricité. Ainsi, on économise le nombre de câbles ! En revanche, seuls les 3 écrans d'Apple sont utilisables sur ces nouvelles machines, en attendant les adaptateurs... De son côté, MacOS X reste prévu pour Septembre en version Beta, et pour début 2001 en version publique.

Le 2 août, Apple annonce une série de procès, dirigés à la fois contre des auteurs de sites ayant diffusé les annonces avant la MacWorld Expo mais aussi et surtout contre les personnes ayant diffusé des photos et des détails à propos de la nouvelle souris et du G4 bi-processeur. En tout, 25 personnes sont poursuivies par Apple pour avoir divulgué des secrets professionnels avant leur annonce officielle et avoir provoqué des dommages financiers.
Ce n'est d'ailleurs pas la première annonce de procès ces derniers temps chez Apple : plusieurs programmeurs d'interfaces pour MacOS et Windows avaient été poursuivis pour avoir imité l'interface de MacOS X dans leurs produits.

Au milieu de l'été, alors que la folie MacWorld est retombée et que le Seybold (qui avait accueilli la sortie des G4) semble encore loin, Apple annonce un nouvel accord avec LucasFilm. Après le succès sans précédent de la mise en ligne de la bande-annonce de "StarWars: Episode 1", qui avait été téléchargée à 35 millions d'exemplaires, les deux sociétés ont décidé le 10 août de s'unir à nouveau pour diffuser les bandes-annonces et documentaires de "StarWars: Episode 2". Pour Apple, il s'agit une nouvelle fois de prouver la supériorité de QuickTime, son mode de diffusion de vidéos : la bande-annonce sera disponible uniquement au format QuickTime, et seulement sur les sites de LucasFilm et d'Apple ! Pour George Lucas, cet accord permet à LucasFilm de diffuser les bandes-annonces dans le meilleur format disponible, et quand on connaît le perfectionnisme de Lucas, on peut penser que les développeurs de QuickTime sont fiers de cet accord !

Cinq jours plus tard, c'est au tour du Conseil d'Administration d'être "mis à jour", avec l'arrivée d'Arthur Levinson, PDG de Genentech : c'est un scientifique, dont l'entreprise est leader sur les marchés de la biotechnologie. Il rejoint Steve Jobs, Bill Campbell (PDG d'Intuit), Larry Ellison (PDG d'Oracle), Jerry York (ancien directeur d'IBM), Millard Drexler (PDG de Gap) et Gareth Chang (ancien PDG de StarTV).

En septembre 2000, sous la grisaille du ciel parisien, Steve Jobs est accueilli au Palais des Congrès pour la conférence d'ouverture d'Apple Expo 2000. Cette année, l'Apple Expo n'est plus seulement le plus grand salon informatique européen, c'est aussi une des rendez-vous majeurs pour les annonces d'Apple, à l'image des MacWorld Expo de New-York ou de Tokyo. Devant plusieurs milliers de personnes entassées dans le grand amphithéâtre du Palais des Congrès, Steve Jobs reprend la présentation des produits annoncés en juillet à New-York : le Cube, iMovie 2, les nouveaux iMacs... Il s'excuse également de l'état de la moquette du stand Apple, noyée la veille par le déclenchement des systèmes anti-incendie ! Peut-être est-ce un coup des Anglais, mécontents de l'absence d'Apple à l'Apple Expo de Londres ? Steve Jobs réserve également une surprise au public parisien : trois nouveaux iBooks, disponibles en Indigo, Key Lime et Graphite. Avec des fréquences de 366 et 466 Mhz, un port FireWire, un lecteur de DVD pour les versions haut-de-gamme et une prise pour brancher un écran externe ou un vidéo-projecteur, les iBooks deviennent de vrais portables complets, n'ayant plus grand-chose à envier à leurs grands frères PowerBooks. A ce sujet et malgré des rumeurs persistantes, aucun nouveau portable haut-de-gamme n'est annoncé. Le public français, à deux reprises, siffle Steve Jobs, annonçant que l'iBook Key Lime n'est disponible que sur l'Apple Store... Il est vrai que la France dispose d'un réseau de revendeurs auxquels l'AppleStore fait une concurrence féroce... Steve Jobs profite également de la Keynote pour présenter la nouvelle carte graphique d'ATI, la Radeon, qui peut équiper en option les G4. Une véritable fusée, capable de concurrencer - enfin ! - les Voodoo5 et autres GeForce2... Apple Expo est également l'occasion de lancer la version Public Beta de MacOS X, le tout nouveau système d'exploitation d'Apple. Dès la fin de la conférence d'ouverture, transportés par bus au Parc des Expositions, les visiteurs prennent d'assaut le stand MacOS X, patientant jusqu'à 1h30 pour acheter le CD tant attendu. La version Beta se révèle très stable, complète et à part quelques défauts de traduction, rien ne vient gâcher le plaisir procuré par la nouvelle interface et les fondations révolutionnaires.

Le lendemain de la fermeture d'Apple Expo, Apple annonce une révolution sur son magasin en ligne, l'Apple Store. L'Europe et particulièrement la France n'étant pas très attachées à l'Apple Store, on comprend que Steve Jobs ait préféré attendre avant d'annoncer la mise en place d'un système permettant de faire ses courses en un seul clic. Cette technologie, appelée 1-Click, permet d'entrer une fois pour toutes tous les renseignements nécessaires dans un compte personnel, qu'il suffit de réactiver à chaque nouvel achat. On évite ainsi de retaper des dizaines de fois les mêmes renseignements. 1-Click est une technologie de Amazon.com, le site leader de la vente en ligne, utilisé sous licence par Apple.


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