L'Aventure Apple



Logiciels : Les iSofts et l'iTunes Music Store



Avec le lancement de l'iMac puis la présentation de la nouvelle interface de MacOS X, une nouvelle gamme de logiciels est apparue chez Apple. Jusqu'à cette époque, les logiciels d'Apple avaient plutôt l'habitude de respecter des canons très stricts, dans le genre Interface Platine. Dans l'esprit des concepteurs du Macintosh, en effet, tous les logiciels devaient présenter des interfaces similaires, pour faciliter la transition des utilisateurs des uns aux autres. Et puis, avec le travail sur MacOS X, les développeurs d'Apple se sont rendu compte qu'il était possible de créer des interface très agréables, conviviales, et parfaitement compréhensibles.



A partir de ce moment, deux tendances vont coexister : une, dans le sillage de MacOS X, va s'appuyer sur la transparence et les couleurs acidulées. L'autre, dans la lignée de QuickTime, va s'appuyer sur l'aluminium brossé.



En fait, cet état des choses ne va pas durer : les deux types d'interfaces fusionnent, comme c'est le cas dans la dernière version de QuickTime, d'iMovie ou d'iTunes : l'aluminium sert de fond de fenêtre, et les boutons de type Aqua viennent se greffer au-dessus.

Bien entendu, l'interface n'est pas la seule caractéristique de ces "i" Logiciels : ils sont conçus pour être accessibles sans aucun apprentissage par toute personne capable de se servir d'une souris. Le premier représentant de cette nouvelle espèce est iMovie, sorti en octobre 1999 : fourni en standard avec les iMacs DV, il permet de créer des films juste en branchant un caméscope numérique sur l'ordinateur et en déplaçant les morceaux de films et de bande-son, les transitions et les titres avec la souris.


En janvier 2001, deux nouveaux logiciels viennent s'ajouter à la liste. Le premier, iTunes, permet de gérer la musique sur son Mac : play-list, lecture de MP3, importation depuis des CDs, gravage de CD audio... Tout devient possible grâce à quelques clics. La version 2 apportera quelques améliorations (comme la synchronisation avec le contenu d'un iPod), et la version 3 verra l'apparition des listes intelligentes, capables de classer les chansons suivant vos goûts ou vos habitudes.



Le deuxième, iDVD, permet de créer, sur son ordinateur, des DVD vidéo destinés à tous les lecteurs de salon ! C'est la première fois qu'un ordinateur est fourni avec un tel logiciel ; c'est d'ailleurs aussi la première fois qu'un PC est fourni avec un graveur de DVD !

On peut remarquer que la plupart des logiciels dont le nom commence par "i" sont en fait des versions grand public et gratuites de logiciels professionnels vendus par Apple : iMovie est la version simple de Final Cut Pro, iDVD est le petit frère de DVD Studio Pro...



Le représentant suivant de la famille des iLogiciels est iPhoto, présenté lors de la MacWorld Expo de San Francisco, le 7 janvier 2002. Ce logiciel relève le défi de servir de centre du hub numérique pour les photographies : il récupère sans un clic de souris les photographies sur les appareils, les stocke sur le disque dur, les classe, permet de créer des dossiers par thèmes, de recadrer les photos, d'effacer les yeux rouges, de visualiser des diaporamas, d'imprimer des clichés et même de créer de véritables albums qui pourront ensuite être imprimés après l'envoi de l'album à un prestataire de services, via Internet. La mise à jour 1.1, sortie fin avril 2002, offre quelques outils supplémentaires, telles les corrections de luminosité et de contraste, ou la recherche par mots clés.


Comme on pouvait s'y attendre, Apple ne s'arrête pas en si bon chemin et présente, le 17 juillet 2002, deux nouveaux "iLogiciels". iCal, tout d'abord, qui sert à organiser un ou plusieurs emplois du temps et permet même de les échanger via Internet et de les comparer sur une seule fenêtre.



iSync, de son côté, permet d'échanger des données entre un Mac et un autre Mac, un Palm ou un téléphone portable. Il est ainsi possible des synchroniser les carnets d'adresse ou les agendas entre plusieurs machines.


Apple profite également de l'occasion pour montrer une nouvelle pré-version d'iChat (dévoilé en mai), son logiciel de dialogue en direct sur Internet, qui se voit ajouter les fonctionnalités propres à MacOS X 10.2, telles que Rendezvous (qui affiche sans aucune intervention de l'utilisateur les personnes connectées à un réseau local) ou Adress Book qui garde toutes les coordonnées de vos contacts sous la main.



Clairement, deux séries d'iLogiciels commencent à se dessiner : d'un côté, les "petits", simples utilitaires, à savoir iChat, iSync, et iCal. De l'autre côté, les grosses pointures : iMovie, iTunes, iDVD et iPhoto : le fameux "hub numérique" d'Apple. Mais voilà, pour que l’offre soit parfaite, il faudrait que ces quatre logiciels soient capables d’interagir, et non plus seulement de cohabiter. C’est pour cela qu’Apple lance, le 7 janvier 2003, iLife.



Sous ce nom qui sent bon le style de vie numérique, se cachent des versions mises à jour des quatre logiciels du hub. Chaque application a maintenant accès aux autres, par exemple pour afficher dans iMovie les musiques de iTunes et les utiliser dans son film, ou déposer ses clichés de iPhoto dans iDVD. Tout cela en toute transparence, et en toute simplicité. Le pack iLife, disponible à la vente pour 49 dollars, est également téléchargeable à l’exception d‘iDVD qui reste payant, ne serait-ce qu’à cause de son volume qui le rend impossible à télécharger !

Le 28 avril 2003, iTunes se voit complété par l'iTunes Music Store, un magasin de musique en-ligne, donnant accès au catalogue des cinq majors : BMG, EMI, Sony Music Entertainment, Universal et Warner. Contre 99 cents, l'utilisateur télécharge une chanson après en avoir écouté un extrait de 30 secondes, et il peut ensuite la graver, l'enregistrer sur son iPod ou la partager avec d'autres Macs. Les pistes ainsi chargées peuvent aussi être utilisées dans les autres applications d'iLife. Plutôt que le traditionnel MP3, Appe a préféré l'AAC, développé par la société Dolby, qui offre une meilleure qualité pour une taille de fichiers identiques.
Durant les semaines qui suivent, chaque mardi, de nouveaux titres ou artistes sont ajoutés, et Apple discute avec les labels indépendants pour leur permettre d'ouvrir leur catalogue à l'iTunes Music Store.

Il faudra attendre le 16 octobre pour que l'iTunes Music Store devienne accessible aux utilisateur de Windows. Une version PC d'iTunes 4.1 est lancée, offrant les mêmes possibilités que la version Mac : lecture et encodage de MP3 et AAC, connexion avec l'iPod, accès à l'iTMS, gravure des morceaux achetés, etc. Des 200.000 chansons disponibles à l'origine, on est passés à plus de 400.000 grâce à l'arrivée dans le catalogue de nombreux "indépendants". Un million de copies du logiciel seront téléchargées en moins de quatre jours, et autant de morceaux de musique ! A la mi-décembre, soit deux mois après l'ouverture au monde Windows et moins de 9 mois après l'apparition du magasin virtuel, Apple passe le cap des 25 millions de chansons téléchargées. Les concurrents (Virgin, BuyMusic, Napster, Wal-Mart,... en attendant Microsoft, CNET ou encore Hewlett-Packard) sont loin derrière.



La première évolution majeure de la suite "iLife" se produit le 6 janvier 2004 lors de la MacWorld Expo de San Francisco. Désormais considérée par Apple, en clin d'œil à la suite "Office" de Microsoft, comme la suite "pour le reste de votre vie", iLife comprend maintenant cinq logiciels. Un petit nouveau, dénommé GarageBand, fait son apparition, dans le domaine de la création musicale. Il permet, de manière très simple, d'enregistrer ses propres chansons, de mixer des pistes pré-enregistrées ou ses propres créations. GarageBand s'occupe de régler la vitesse d'exécution, de changer les instruments, ou encore d'encoder les musiques. Il est capable d'enregistrer des instruments, et reconnaît les claviers MIDI et USB (qui enregistrent non pas le son, mais la partition). Vendu à part, un "kit d'extension" ajoute de nombreux instruments, des boucles et des effets à ceux déjà compris dans GarageBand.


Pendant ce temps, iTunes et son MusicStore voient débarquer 12.000 pistes de musique classique portant à 500.000 le nombre de titres disponibles. Trente millions de titres vendus depuis avril placent l'iTunes Music Store en leader incontesté de son secteur. iPhoto passe en version 4 et gagne quelques nouveautés "à la iTunes", comme les pistes intelligentes, la notation des photos, le partage par RendezVous. Et surtout une nouvelle jeunesse grâce à une optimisation des performances, ce qui ne lui fera pas de mal ! iMovie, en version 4 également, se voit doté de nouvelles transitions et de nouveaux modes de titre (dont un effet StarWars fort apprécié), et d'un visualiseur de la bande-son. Quant à iDVD, outre la possibilité de graver deux heures de vidéo sur un DVD, lui est ajouté un système de "carte de DVD", permettant de se repérer dans la hiérarchie des chapitres, ainsi que de nouveaux thèmes et de nouvelles transitions. Le prix de la suite reste inchangé, à 49 dollars.

Le mois de juillet 2004 voit Apple atteindre les 100.000.000 téléchargements sur l'iTunes Music Store, toujours loin devant ses concurrents, et offre pour l'occasion des iPods et d'autres cadeaux. Il faut dire qu'entre-temps, le Music Store a ouvert ses portes en Europe, ou du moins dans trois des principaux pays : la France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne.

iTunes, qui était déjà le seul logiciel de la suite d'Apple à être disponible sur PC, ouvre un peu plus ses horizons fin juillet, en aterrissant sur les téléphones portables Motorola, qui deviennent ainsi capables de lire les morceaux achetés sur l'iTunes Music Store. Le transfert se fera par BlueTooth ou USB, à la manière de l'iPod, directement depuis iTunes.

Le 16 décembre, l'iTunes Music Store dépasse les 200 millions de téléchargement, après avoir ouvert dans le "reste de l'Europe", notamment l'Espagne, la Grèce, l'Autriche, la Finlande, les Pays-Bas, le Luxembourg et la Belgique. Dans le même temps, le catalogue des chansons proposées dépasse le million de titres.



Comme on pouvait s’y attendre, iLife ’04 laisse la place à iLife ’05 lors de la MacWorld Expo de janvier 2005, à San Francisco. La gamme des logiciels proposés reste inchangée : iMovie, iDVD, iTunes, iPhoto et GarageBand. Chaque logiciel évolue de son côté et s’enrichit de nouvelles fonctions. Ainsi, iMovie franchit un grand pas en apprenant à gérer le format HDV (Vidéo Haute Définition) que des caméscopes de plus en plus nombreux proposent. Parmi quelques nouveaux effets et nouvelles transitions, la fonction « Magic iMovie » promet de réaliser automatiquement un montage des rushs proposés au logiciel ! iDVD s’en mêle en intégrant une commande permettant de créer un DVD d’un clic d’après le contenu du caméscope connecté, et gagne de nouveaux thèmes et des possibilités améliorées de création d’interface, sans oublier la compatibilité avec les DVD+R, longtemps boudés par Apple qui soutenait le format DVD-R. GarageBand 2, de son côté, gagne en professionnalisme au moyen de l’enregistrement sur huit pistes et de la gestion des partitions. Quant à iPhoto, il s’enrichit de nouveaux outils de correction d’image : venant piétiner les plates-bandes de Photoshop, il permet de corriger l’exposition, les saturations, les teintes, et quelques courbes. L’outil de diaporama permet maintenant de gérer les transitions pour chaque diapo, les formats de livres disponibles via Internet se multiplient, et le prix de vente des tirages chute. Enfin, le format RAW, non compressé, fait son apparition dans le logiciel, pour traiter les images brutes de haute qualité que certains appareils numériques proposent. Seul iTunes reste inchangé, puisqu’il est fourni en version 4.7, celle déjà disponible sur le site d’Apple. Le tout pour 79 dollars, sans réduction de mise à jour…



Cette MacWorld 2005 est également l'occasion de présenter l'ébauche d'une nouvelle suite logicielle. Après iLife pour la vie numérique, voici iWork pour le travail. Dans cette suite, Apple intègre Keynote, déjà bien connu comme concurrent de Microsoft PowerPoint, et qui passe en version 2. Nouveaux thèmes, nouvelles fonctions d’animation, nouveau « Navigateur iLife » pour intégrer ses photos et ses musiques, outils de gestion des masques d’images, et même une fonction « deuxième moniteur » pour aider le conférencier à s’y retrouver. Le deuxième élément de la suite est un nouveau venu : Pages, comme son nom l’indique, est un logiciel de traitement de texte, doublé de fonctions de publication. Bref, un concurrent à la fois pour Word et Publisher… Grâce aux possibilités avancées de MacOS X en matière de typographie et de gestion graphique, le logiciel promet la création de lettres, brochures, et rapports, d’une qualité inégalée.



Pour assurer la promotion de sa suite bureautique, Apple propose avec MacOS 10.4 en avril 2005 une version d'essai d'iWork, ce qu'elle n'avait plus fait depuis bien longtemps... On entend dire ici ou là que le succès serait moins au rendez-vous qu'Apple ne l'avait espéré... Ce qui n'est pas le cas de l'iTunes Music Store qui voit s'envoler sa 300.000.000ème chanson le 2 mars 2005, puis la 500.000.000ème le 18 juillet, et s'adapte aux attaques des petits malins qui tentent de déjouer le système de protection du copyright mis en place par Apple.

iTunes passe en version 5 le 7 septembre 2005, à l'occasion du lancement de l'iPod nano. Quelques nouveautés : une interface revue, un mode aléatoire "intelligent" qui peut être personnalisé selon son envie de conserver une certaine logique dans le choix des morceaux, la synchronisation des contacts entre Outlook pour Windows et l'iPod, ainsi qu'un mode de contrôle parental pour l'iTunes Music Store et les Podcasts. Steve Jobs en profite pour annoncer que l'iTunes Music Store dispose maintenant d'un catalogue de deux millions de titre, un record en la matière.



A nouvelle année, nouvelle version d'iLife (c'est habituel) et d'iWork, toujours à 79 euros chacune pour tout le monde. Présentée le 10 janvier 2006, iLife '06 apporte quelques nouveautés, comme chaque année. iPhoto 6 peut maintenant gérer 250.000 photos (soit un bon millier de photos par mois pendant vingt ans), afficher le nom du rouleau en surimpression pendant la navigation dans la bibliothèque, diffuser des photos en Photocasting, afficher et retoucher les photos en plein écran, appliquer des effets en un clic, et imprimer ou commander toutes sortes de cartes et de livres. iMovie HD 6 apprend à gérer les Thèmes afin de créer des vidéos plus professionnelles, à appliquer des effets vidéo en temps réel (merci Core Video), à gérer le son à la manière d'un véritable studio (merci Core Audio), à ouvrir plusieurs projets en même temps (avec copier-coller et glisser-déposer), sans oublier le Podcast vidéo. iDVD 6 découvre la fonction "Magic iDVD" qui avait fait son apparition dans iMovie l'année précédente, et qui permet de créer automatiquement un DVD complet d'un seul clic, et même sur un graveur d'un fabricant tiers puisqu'Apple les gère enfin. GarageBand 3 (il va bientôt falloir revoir les numérotations des versions...) découvre lui aussi le Podcasting, avec gestion des images en prime, gestion de la musique de fond, amélioration de la voix, et enregistrement des conversations d'iChat ! Nouveau venu dans la bande, iWeb permet de gérer un site web personnel, comme son nom l'indique, son blog, son podcast, et d'y intégrer tous les éléments en provenance des logiciels d'iLife.



De son côté, iWork continue de marier traitement de texte et présentation. Pages 2 gagne de nouveaux thèmes, la possibilité de "publiposter" des documents en se basant sur les coordonnées gérées par le Carnet d'Adresses de MacOS X, de réaliser des calculs au sein d'un tableau, de créer des graphiques en 3D utilisant des textures en haute qualité, d'inclure des images au sein de masques de toutes formes, et même d'inclure des commentaires. KeyNote 3 se met lui aussi à la Haute Definition, dans ses thèmes et ses transitions "cinématiques", et s'enrichit des nouveautés de Pages 2.



Le 23 février 2006, l'iTunes Music Store enregistre sa milliardième chanson vendue. Pour l'occasion, son acheteur remporte un iMac, dix iPod et un chèque-cadeau de 10.000 dollars à dépenser sur l'iTunes Music Store. L'histoire retiendra (ou pas) que la milliardième chanson était "Speed of Sound" de Coldplay. On rappellera pour l'anecdote que l'acheteur de la 500 millionième chanson avait justement remporté, en plus de ses dix iPods, quatre billets pour un concert de Coldplay...

Pendant toute l'année 2006, l'iTunes Music Store s'enrichit de nouvelles séries télévisées, tant et si bien qu'on en dénombre plus de 200 quand arrive iTunes 7, en septembre 2006. Celui-ci apporte quelques nouveautés, dont un nouvel iTunes Store : exit "music", le Store vend maintenant musique, clips vidéos, séries TV, jeux pour l'iPod, et quelques films (les premiers étant, sans surprise, ceux de l'empire Disney : Pixar, Miramax, Touchstone). Le logiciel apporte également une nouvelle présentation plus claire, un affichage des pochettes en 3D.

Le 30 mai 2007, apparaît le premier effet d'une "lettre ouverte" adressée quelques semaines plus tôt par Steve Jobs aux majors, leur demandant de renoncer à leurs exigences en termes de verrou des fichiers, les fameux DRM. Ce jour-là, la major EMI offre son catalogue sur l'iTunes Store, sans aucun verrouillage. Les morceaux sont certes vendus plus cher (1,30 euros), mais sont encodés en 256 kb/s (contre 128kb/s auparavant), et sont maintenant libres de DRM. On peut donc les copier sur tout appareil en mesure de lire des fichiers MP4 et AAC (comme la plupart des nouveaux téléphones portables). Apple appelle ceci "iTunes Plus".

Le 28 juin, iTunes gagne de nouvelles lettres de noblesse en devenant le passage obligé pour activer le tout nouvel iPhone d'Apple : sans ce logiciel, impossible d'allumer le téléphone ! Il se charge en effet de faire l'interface entre le téléphone, vendu "nu", et l'opérateur téléphonique, qui active la carte SIM à distance. Dans la foulée, le 31 juillet, iTunes atteint les 3 milliards de titres vendus, parmi les 5 millions de titres disponibles. iTunes devient ainsi le troisième plus gros vendeur de musique au monde, devant Amazon et la chaîne de magasins Target.

Le 7 août 2007, après quelques mois de suspens, la marque présente enfin iWork '08 et iLife '08. La première convainc, en faisant évoluer Pages et Keynote, et en leur ajoutant un tableur dénommé tout simplement Numbers. Ce dernier ne s'attaque pas frontalement à Excel, mais préfère offrir plus de souplesse dans la mise en page et la création de tableaux et de graphiques. De plus, les fonctions les plus utilisées peuvent être tout simplement glissées vers une cellule pour éviter les frappes fastidieuses.

La seconde, en revanche, laisse plus dubitatif. Certes, iPhoto gagne en clarté grâce à la gestion des photos par "événements", iWeb et GarageBand évoluent doucement, mais iMovie est entièrement revu. Sous une interface totalement repensée, la plupart des fonctions d'éditions disparaissent. Le logiciel devient d'une simplicité absolue, mais d'un simplisme regrettable. Il faut dire qu'Apple vend maintenant Final Cut Express, aux fonctions plus avancées, pour 199 dollars. En revoyant à la baisse les prétentions d'iMovie, la marque s'ouvre un marché de particuliers désireux de produire des vidéos de qualité et qui se contentaient d'iMovie jusqu'à sa version '06.



Le 5 septembre, Apple ouvre l'iTunes Wi-Fi Music Store à destination des possesseurs d'iPhone et d'iPod Touch. Il devient ainsi possible d'acheter de la musique en toute simplicité depuis son appareil nomade, grâce à une simple connexion Wi-Fi, ou dans les cafés de la chaîne Starbucks, grâce à un accord entre les deux sociétés. Peu après, le 17 octobre, Apple revoit à la baisse le coût de ses morceaux iTunes Plus : 99 centimes, comme les morceaux protégés. Deux millions de titres deviennent donc disponibles en haute qualité et sans DRM, pour le même prix.

Au cours de l'année 2008, Apple ouvre l'iTunes Store au marché de la location de vidéo, y compris en haute définition. L'offre, assez limitée, mettra plusieurs mois avant d'atteindre les 1000 films promis par Steve Jobs. La marque obtient aussi le droit de commercialiser les films, en vente, le même jour que leur sortie en DVD, tout un symbole. Côté musique, l'iTunes Store devient le deuxième plus gros vendeur aux Etats-Unis en février 2008, puis le premier en avril de la même année. Le 19 juin suivant, le cap des 5 milliards de chansons téléchargées est franchi.

A l'occasion de sa dernière participation à un salon MacWorld, en janvier 2009, Apple présente iLife '09 et iWork '09. Mises à jour relativement mineures, ces nouvelles versions apportent quelques nouveautés appréciables, sans révolutionner le genre. Ainsi, iPhoto '09 gagne un mode de reconnaissance automatique des visages, et un outil de géolocalisation des clichés ; iMovie gagne en fonctionnalités, censées compenser celles qu'il avait perdues lors du passage à la version '08 ; GarageBand se dote d'un module d'apprentissage, avec des vidéos payantes, créées par de grands noms de la musique (Sting, par exemple) ; Keynote inaugure les « transitions magiques », qui animent les objets sur la diapositive, et une télécommande très évoluée pour l'iPhone ; Pages devient capable de fonctionner en plein écran ; quant à Numbers, il se déploie doucement en gagnant de nouvelles fonctions, de nouveaux outils et de nouvelles formules mathématiques.




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