L'Aventure Apple



Matériel : PowerMac



"Le futur est meilleur que vous ne l'espériez !". C'est sur ces mots que s'ouvre la campagne de publicité accompagnant la sortie de la gamme Power Macintosh, en mars 1994. Atouts principaux de ces machines : la vitesse offerte par le processeur PowerPC (le premier processeur Risc sur des ordinateurs grand-public), la compatibilité avec DOS et Windows grâce à aux cartes Pentium en option, le multimédia à pleine puissance, l'intégration en réseau...



Avec cette première fournée, trois formats cohabitent : le boîtier "Pizza Box" du 6100, le boîtier Bureau du 7100 et le boîtier Tour du 8100, vendus respectivement 1.700, 2.900 et 4.200 dollars. S'ils embarquent un processeur PowerPC 601 totalement inédit à l'époque, ils héritent cependant de certaines caractéristiques antérieures : le design extérieur, bien sûr, mais aussi le port NuBus pour les cartes additionnelles, et des déclinaisons "AV", à la manière des Quadra, pour les modèles équipés d'une carte d'acquisition vidéo. En revanche, le son de démarrage est revu pour marquer la rupture, dès la mise sous tension.

Très vite, les machines évoluent au rythme de la commercialisation de processeurs plus rapide : le PowerMac 8100 passe de 80 à 100 Mhz en novembre 1994, puis à 110 Mhz en janvier 1995, en même temps que le PowerMac 7100 qui passe de 66 à 80 Mhz. Le petit 6100, lui, ne gagne que 6 Mhz, passant de 60 à 66 Mhz. Un modèle ultra-performant est commercialisé en mai 1995 : le PowerMac 9500 embarquant dans sa tour surélevée un processeur PowerPC 604 cadencé à 120 ou 132 Mhz, et présenté comme "la deuxième génération de PowerPC". A 5.300 dollars, la machine pouvait en effet s'offrir des performances époustouflantes !

Celui-ci préfigure de la nouvelle génération de Power Macintosh, remplaçant le format NuBus par le PCI, plus performant et plus répandu. Dès le mois d'août 1995, débarquent les successeurs des premiers modèles, chamboulant la belle organisation de la gamme originale. Le Power Mac 6100 n'est pas remplacé, et termine sa carrière coincé entre les Performa 5200 et 6200. Le PowerMac 7100 disparaît. Lui succède le PowerMac 7200, à 75 Mhz, mais aussi le PowerMac 7500 à 100 Mhz, proposant de plus une carte d'acquisition vidéo et un processeur sur carte fille aisément remplaçable. Enfin, le 8100 laisse la place au 8500, embarquant le processeur PowerPC 604 à 120 Mhz du 9500, dans une mini-tour moins onéreuse (4.000 dollars).



Rapidement, ce processeur PowerPC 604 va être étendu à l'entrée de gamme, sous le nom de Power Macintosh 7600. Il remplace en avril 1996 son prédécesseur le 7500, et atteint les 120 Mhz, puis les 132 Mhz dès le mois d'août suivant. Pendant ce temps, le 8200 faisait son apparition, uniquement en Europe : il s'agissait d'un 7200 intégré dans un boîtier mini-tour.



Arrive le mois de février 1997 : la gamme est alors revue en profondeur et même simplifiée. Le 7200 et le 7600 sont remplacés par le 7300 qui propose un processeur 604e à 166, 180 ou 200 Mhz. Le 8500 laisse la place au 8600 qui carbure à 200 Mhz, puis, dès le mois d'août, à 250 et 300 Mhz. Enfin, le 9500 laisse sa place au 9600, qui embarque pour la première fois un modèle bi-processeur, à 2x200 Mhz. Un vrai monstre de puissance, avec ses 12 emplacements pour mémoire vive et 6 ports d'extension PCI. Dès le mois d'août, lui-aussi gagne en vitesse à 300 et 350 Mhz. Il est intéressant de noter que ce modèle haut-de-gamme survivra à l'arrivée du G3 pendant deux mois, en raison de son extrême extensibilité. Le 8600 et le 9600 inaugurent un nouveau format mini-tour, particulièrement malin grâce à l'ouverture simplifiée donnant directement sur la carte-mère.



En février 1997, par soucis de simplicité commerciale, Apple fusionne PowerMac et Performa, sa gamme familiale. On retrouve alors sous le même nom tous les ordinateurs de la marque : le 4400 apparu en novembre 1996 pour concurrencer les clones à bas prix, le 5500 tout-en-un, le 6500 familial, les 7300, 7600, 8600 et 9600.



Steve Jobs, lorsqu'il reprend les rennes d'Apple en juillet 1997, se trouve face à une gamme de PowerMacs beaucoup trop vaste. Des modèles en pagaille, des carte-mères aux différences infimes, des boîtiers de toutes sortes, des générations décalées de processeurs... De quoi perturber le plus motivé des clients. Pour le nouveau patron d'Apple, la solution est radicale : il n'y aura plus qu'un PowerMac, disponible en format bureau ou minitour : le Power Macintosh G3. Lancée en novembre 97, la nouvelle gamme intègre le processeur PowerPC 750 équipé d'une mémoire cache inédite et d'un bus plus rapide que les générations précédentes. C'est avec ces machines qu'Apple moque Intel dans des spots télévisés mettant en scène le Pentium transporté par un escargot. En six mois, ce sont 500.000 unités qui sont écoulées. Dès le mois de mars, Apple ajoute à la gamme une version "tout-en-un" destinée au marché américain de l'éducation, afin d'assurer la transition entre la gamme Performa, et l'iMac auquel il ne survivra pas.



Avec l'arrivée de l'iMac en août 1998, Apple décide d'abandonner définitivement le design "Snow White" qui caractérisait ses machines En conséquence, elle offre au PowerMac un tout nouvel habit bleu et blanc dès janvier 1999. Cette nouvelle version n'est pas seulement plus belle : elle est aussi plus compacte et beaucoup plus accessible, la carte-mère étant placée sur le côté droit qui s'ouvre à l'aide d'une poignée ! Comme l'iMac, ce nouveau Power Mac abandonne le lecteur de disquettes, au profit d'un lecteur Zip en option.



En août 1999, c'est au tour du processeur G4 de Motorola d'équiper les PowerMac d'Apple. Le bleu laisse alors la place au gris graphite, plus sobre et plus élégant que le bleu. Le design bleu n'aura finalement vécu que huit mois : selon Apple, la couleur avait été associée à la puissance et nombre d'utilisateurs avaient renoncé à acquérir le nouveau G3, qui leur semblait destiné à un public plus professionnel. Le nouveau G4 reprend toutes les caractéristiques du G3, en offrant plus d'espace pour la mémoire et un emplacement pour la carte AirPort. Pour l'accompagner, Apple propose le Cinema Display, un écran plat 22 pouces.



Le PowerMac est décliné sous forme d'un "Cube" en juillet 2000. Tout un G4 dans un cube de 20 centimètres de côté ! Le processeur (sans ventilateur), la mémoire vive, la carte graphique ATI Rage 128, le disque dur de 20 Go, sans oublier toute la connectique nécessaire : USB, FireWire, ADC (combinant écran, USB et alimentation électrique), ainsi que les cartes réseau, AirPort, modem... Bref, un SuperOrdinateur de la taille d'une feuille de papier et aussi silencieux qu'une bibliothèque ! Dans le même temps, son grand frère le G4 mini-tour se voit offrir un deuxième processeur en standard sur les deux versions haut-de-gamme. Puis, en janvier 2001, la machine atteint 733 Mhz, hérite d'une carte-mère à 133 Mhz et d'un graveur de DVD.



Il est intéressant de remarquer que 12 ans plus tôt, Steve Jobs avait quitté Apple pour fonder Next. La première réalisation de la toute jeune entreprise avait été un ordinateur particulièrement puissant, en forme de cube... Comme le Cube G4, le Cube Next paraissait alors incroyablement design, complètement hors-norme. Vous pouvez d'ailleurs trouver sur ce site le comparatif entre le Cube d'Apple et le Cube de Next...

Le Cube fait vite reparler de lui, peu après son lancement : non seulement il se vend beaucoup plus mal que prévu, mais en plus, des fissures apparaissent sur le boîtier ! Ces fissures semblent se créer aux zones de jonction des coulées de plastique lors du moulage... Dans la foulée de cette découverte, et au plus fort de l'explosion de la "bulle internet", l'action Apple s'effondre. Finalement, le G4 Cube sera abandonné le 3 juillet 2001, suite aux mauvais chiffres de vente et à la concurrence interne entre ce modèle et le G4 mini-tour. C'est ainsi que prend fin la carrière du plus petit, du plus discret et du plus "cool" des ordinateurs personnels.

Quinze jours plus tard, le 18 juillet 2001, Apple présente la mise à jour du PowerMac G4, dans son nouveau boîtier QuickSilver, plus abouti que le précédent dont il reprend les principales qualités. De 733 à 866 Mhz, avec un modèle bi-processeur à 800 Mhz, la nouvelle gamme n'apporte pas grand-chose de nouveau à l'intérieur... Début février 2002, la gamme accélère encore un peu et atteint enfin le Gigahertz : le modèle haut-de-gamme est équipé de deux processeurs à 1 Ghz chacun. Un modèle à 800 Mhz et un modèle à 933 Mhz remplacent les précédents. La carte graphique, une GeForce 4MX sur les deux gros modèles, peut être remplacée pour une coûteuse GeForce 4 Titanium, beaucoup plus puissante



Le 13 août 2002, nouveau coup d'accélérateur avec l'apparition de trois modèles bi-processeurs : 867 Mhz, 1 Ghz et 1.25 Ghz. Le nouveau boitîer, légèrement modifié et surnommé "mirrored drive doors" en raison de sa façade lisse comme un miroir, embarque une nouvelle carte-mère équipée en mémoire vive DDR à 333 Mhz, mais dont les mauvaises langues font remarquer que le processeur ne sait pas tirer partie... Il faudra se consoler avec la possibilité de combiner deux lecteurs optiques, la deuxième trappe n'étant plus limitée aux petits lecteurs du type zip ! Moins de six mois plus tard, la gamme est à nouveau améliorée avec l'apparition d'un modèle bi-processeur à 1,42 Ghz, et le retour d'une version mono-processeur à 1 Ghz, accompagnés d'une baisse de prix de 20 à 30% qui profite également aux écrans plats.



Le 23 juin 2003, est enfin présenté le fruit de plusieurs années de travail entre IBM et Apple : le PowerMacintosh G5, embarquant le tout nouveau processeur PowerPC G5 fabriqué par IBM. Ce processeur, dérivé du très puissant (et très cher) Power4 d'IBM, est présenté comme le premier processeur 64 bits du marché, capable de faire également tourner toutes les applications 32 bits disponibles. Sa fabrication a nécessité la construction d'une nouvelle usine qui a coûté plus de 3 milliards de dollars à IBM ! La nouvelle carte-mère offre aussi un bus système survitaminé, puisqu'il est fixé à la moitié de la vitesse du ou des processeurs. Ainsi, le modèle haut-de-gamme, équipé de deux PowerPC G5 à 2 Ghz, offre une carte-mère dont le bus atteint 1 Ghz, "une première mondiale".
A nouveau processeur, nouveau design, plus grand, mieux ventilé. La mémoire vive DDR atteint 400 Mhz, le PCI-X à 133 Mhz fait son apparition, tout comme l'AGP 8x. Résultat : le processeur développe une puissance sans précédent, dépassant la puissance des processeurs Pentium IV ou Xeon à plus de 3 Ghz !
Pourtant, le prix des machines reste accessible, de 2000 à 3000 dollars, soit moins que la dernière génération de G4. 256 à 512 Mo de mémoire (extensible à 8 Go), disques durs de 80 à 160 Go, et GeForce FX 5200 ou Radeon 9600 Pro pour le modèle supérieur.


Devant la forte demande du modèle bi-processeur, c'est un nouveau G5 intermédiaire qui fait son apparition le 18 novembre. Aucun changement notable, mise à part la présence de 2 processeurs à 1,8 Ghz. L'ensemble de la gamme en profite pour voir ses tarifs revus légèrement à la baisse.

La première mise à jour a lieu un an plus tard, lors de la WWDC en juin 2004 à San Francisco. Déception dans l'assistance, puisque la gamme n'atteint pas les 3 Ghz promis alors par Steve Jobs. Les modèles sont maintenant cadencés à 1.8, 2 et 2.5 Ghz, chacun équipés de deux processeurs. Selon le patron d'Apple, le marché a dû subir un tel ralentissement dans son ensemble, en raison du passage à la gravure de processeurs à 90 nm. Cependant, IBM s'en tirerait mieux que les autres : 20% de hausse contre 12% chez Intel... Le19 octobre, un nouveau "petit" PowerMac G5 fait son apparition, un mono-processeur à 1,8 Ghz, pour 1.499 dollars.

Malgré la hausse limitée des fréquences, Apple a tout de même été contrainte de revoir le refroidissement de ses machines. Faute de pouvoir multiplier indéfiniment les les radiateurs pour dissiper la chaleur et les ventilateurs chargés de renouveler l'air, la marque a opté pour son premier système de refroidissement liquide (water cooling) sur son modèle à 2,7 Ghz.


Le 3 mai 2005, la gamme gagne quelques Mhz, atteignant 2,7 Ghz sur le double-processeur du haut de gamme. Le petit 1,8 Ghz reste de la mise, et deux modèles bi-processeur s'intercalent, à 2 et 2,3 Ghz. En clair : la gamme faiblit, et les 3 Ghz semblent inaccessibles, près de deux ans après la sortie du modèle à 2 Ghz. Le modèle monoprocesseur à 1,8 Ghz disparaît fin juin, Apple expliquant que l'iMac G5 remplit très bien les mêmes fonctions, la gamme professionnelle se recentrant sur les bi-processeurs.



C'est dans ce contexte qu'Apple annonce, le 6 juin 2005, après quelques jours de folles rumeurs, son choix de se passer dorénavant des services d'IBM et de Motorola, et de s'approvisionner chez Intel. Devant près de 4000 développeurs réunis à San Francisco pour la WWDC, Steve Jobs présente présente un Mac de test à base de Pentium 4, faisant tourner MacOS X, à propos duquel il confie qu'il a été développé, depuis cinq ans, en parallèle sur les puces PowerPC et Pentium, tout comme les logiciels de la marque. Pour faciliter la transition (troisième du genre après le passage au PowerPC puis à MacOS X) et fidèle à son habitude, Apple assurera la compatibilité des logiciels entre les deux plates-formes au moyen de ressources communes et d'un émulateur PowerPC pour Pentium, appelé "Rosetta".


En attendant, la gamme bénéficie d'un sérieux coup de fouet le 19 octobre de la même année, avec l'adoption par Apple du processeur "Dual Core" d'IBM, amélioration du G5 embarquant deux cœurs dans chaque puce (2, 2,3 et 2,5 Ghz). Le modèle haut-de-gamme, à 2 x 2,5 Ghz, surnommé "Quad" en raison de ses quatre cœurs, se veut près de deux fois plus puissant que son prédécesseur. Pour alimenter la machine qui embarque une carte graphique Quadra FX 4500 de NVidia, l'alimentation supporte 1000 watts et la carte mère est équipée d'un système de refroidissement liquide !

L'année 2006 sera celle de tous les sacrifices. Après la disparition du PowerBook en janvier, après quatorze ans de service, c'est au tour du PowerMac de quitter la scène, le 7 août 2006. Douze ans et cinq mois de performances inégalées, de design à couper le souffle, d'innovations technologiques... Place maintenant au Mac Pro, digne successeur du PowerMac à l'heure de franchir les portes du monde Intel...





Modèles
Année
Informations
PowerMac 4x00
96 - 98
Réponse d'Apple aux cloneurs : rapides, pas chers et... pas beaux.
PowerMac 5x00
97 - 98
Les anciens Performas monoblocs grand public
PowerMac 6x00
94 - 96
97 - 98
PowerMacs d'entrée de gamme (format pizza box)
Anciens performas modulables.
PowerMac 7x00
94 - 98
Milieu de gamme des PowerMacs (format bureau).
PowerMac 8x00
94 - 98
Haut de gamme destiné particulièrement à l'audio-vidéo.
PowerMac 9x00
95 - 98
Très haut-de-gamme, très chers, très puissants.
PowerMac G3
98 - 99
Remplace tout le reste. Processeur PowerPC 750.
PowerMac G4
99 - 03
Remplace les G3. Très puissant ! Version bi-processeur en 2000.
Mémoire DDR en 2002.
PowerMac G5 03 - 06 PowerPC G5, 64bits. Version "Dual Core" en 2005.

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