L'Aventure Apple



Matériel : PowerMac
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"Le futur est meilleur que vous ne l'espériez !". C'est sur ces mots que se termine la campagne de publicité accompagnant la sortie des PowerMacs 6100, 7100 et 8100, en mars 1994. Atouts principaux de ces machines : la vitesse offerte par le processeur PowerPC (le premier processeur Risc sur des ordinateurs grand-public), la compatibilité avec DOS et Windows grâce à aux cartes Pentium en option, le multimédia à pleine puissance, l'intégration en réseau. Cette gamme sera la première d'une grande lignée...



Avec cette première gamme, 3 formats cohabitent : le boîtier Tour du 8100, le boîtier Bureau du 7100 et le boîtier "Pizza Box" du 6100. Ce dernier disparaît rapidement : dès l'année suivante, en 1995, en même temps que la dénomination "PowerMac 6x00".
A la place, Apple divise en 2 la gamme des 7x00 : la version 7200 en entrée de gamme, et la version 7500 en milieu de gamme. En août 1995, la deuxième fournée de PowerMacs est donc composée d'une version entrée de gamme (le 7200), de deux milieux de gamme (le 7500 et le 8500), et d'une version haut de gamme, le 9500, apparu en juin. Le bôitier du 9500 est en fait le même que celui du Quadra 800, et restera inchangé jusqu'au mois de janvier 1997, avec l'apparition du PowerMac 9600. Le nouveau design est plus compact et surtout beaucoup plus pratique : il suffit de quelques secondes pour accèder aux composants internes, grâce à une carte-mère dépliable


En mai 1997, par soucis de clarification de la gamme, Apple fusionne la gamme PowerMac et la gamme Performa.
C'est ainsi qu'apparaîtront les PowerMacs 5500 et 6500, qui forment alors l'entrée de gamme des PowerMacs, où l'on retrouve les 7300, 7600, 8600 et 9600. C'est également à ce moment qu'Apple lance un PowerMac d'entrée de gamme, le 4400, destiné aux PME. Comme les clones, il offre de bonnes performances pour un prix attractif, mais cela passe par un design simplifié et un équipement minimal.


Steve Jobs, lors de son retour, se trouve face à une gamme de PowerMacs beaucoup trop vaste. En fait, avec un peu d'habitude, il est facile de comprendre les dénominations de la gamme. Tous les PowerMacs étaient désignés par un nombre à 4 chiffres.
Le premier chiffre (entre 4 et 9) désigne le type de public visé (voir tableau en bas de la page). Le deuxième chiffre désigne le modèle (plus ce chiffre est élevé, plus l'ordinateur est récent). Le troisième chiffre est toujours 0, sauf sur les serveurs où il est remplacé par un 5. Enfin, le dernier chiffre est toujours 0, à quelques rares exceptions près... Quelques machines dérogent à cette règle, mais en gros ça marche comme ça !

Steve Jobs annonce donc le lancement du PowerMacintosh G3 qui met fin à tous les modèles précédents. Lancée en novembre 97, la nouvelle gamme intègre le processeur PowerPC 750 et un bus plus rapide que les générations précédentes. En six mois, ce sont 500.000 unités qui seront écoulées.


Avec l'arrivée de l'iMac, Apple décide d'abandonner définitivement le design "Snow White" qui caractérisait ses machines, et offre au PowerMac un tout nouvel habit bleu et blanc en janvier 1999. Cette nouvelle version n'est pas seulement plus belle : elle est aussi plus compacte et beaucoup plus accessible, la carte-mère étant placée sur le côté droit qui s'ouvre à l'aide d'une poignée !

Dans le même temps, apparaît furtivement un PowerMac G3 grand public (appelé G3 All-in-one), très vite (et heureusement) remplacé par l'iMac. Sous le nom de code Artémis, il n'a été destiné qu'au marché de l'éducation aux Etats-Unis. Ce fut le seul Mac équipé en standard d'un lecteur de CD, un lecteur de disquettes et un lecteur de Zip.

En août 1999, c'est au tour du processeur G4 de Motorola d'équiper les PowerMac d'Apple. Le bleu laisse alors la place au gris graphite, plus sobre et plus élégant que le bleu. Le design bleu n'aura finalement tenu que 8 mois : selon Apple, la couleur avait était associée à la puissance et nombre d'utilisateurs avaient renoncé à acquérir le nouveau G3, qui leur semblait destiné à un public plus professionnel. Le nouveau G4 reprend toutes les caractéristiques du G3, en offrant plus d'espace pour la mémoire et un emplacement pour la carte AirPort. En juillet 2000, le G4 se voit offrir un deuxième processeur en standard sur les deux versions haut-de-gamme. Enfin, en Janvier 2001, la machine atteint 733 Mhz, hérite d'une carte-mère à 133 Mhz et d'un graveur de DVD !


Le PowerMac a été décliné en sous forme d'un "Cube", présenté en juillet 2000. Tout un G4 dans un cube de 20 centimètres de côté ! Le processeur (sans ventilateur), la mémoire vive, la carte graphique ATI Rage 128, le disque dur de 20 Go, sans oublier toute la connectique nécessaire : USB, FireWire, ADC (combinant écran, USB et alimentation électrique), ainsi que les cartes réseau, AirPort, modem... Bref, un SuperOrdinateur de la taille d'une feuille de papier et aussi silencieux qu'une bibliothèque !

Il est intéressant de remarquer que 12 ans plus tôt, Steve Jobs avait quitté Apple pour fonder Next. La première réalisation de la toute jeune entreprise avait été un ordinateur particulièrement puissant, en forme de cube... Comme le Cube G4, le Cube Next paraissait alors incroyablement design, complètement hors-norme. Vous pouvez d'ailleurs trouver sur ce site une petite page comparant le Cube d'Apple et le Cube de Next... Le Cube fait vite reparler de lui, peu après son lancement : non seulement il se vend beaucoup plus mal que prévu, mais en plus, des fissures apparaissent sur le boîtier ! Ces fissures semblent se créer aux zones de jonction des coulées de plastique lors du moulage...

Finalement, le G4 Cube sera abandonné le 3 juillet 2001, suite aux mauvais chiffres de vente et à la concurrence interne entre ce modèle et le G4 mini-tour. C'est ainsi que prend fin la carrière du plus petit, du plus discret et du plus "cool" des ordinateurs personnels.


Quinze jours plus tard, Apple présente la mise à jour du PowerMac G4, dans son nouveau boîtier QuickSillver. De 733 à 866 Mhz, avec un modèle bi-processeur à 800 Mhz, la nouvelle gamme n'apporte pas grand-chose de nouveau...

Début février 2002, la gamme accélère encore un peu et atteint enfin le Ghz : le modèle haut-de-gamme est équipé de deux processeurs à 1 Ghz chacun. Un modèle à 800 Mhz et un modèle à 933 Mhz remplacent les précédents. La carte graphique, une GeForce 4MX sur les deux gros modèles, peut être remplacée pour une couteûse GeForce 4 Titanium, beaucoup plus puissante.


Le 13 août, nouveau coup d'accélérateur avec l'apparition de trois modèles bi-processeurs : 867 Mhz, 1 Ghz et 1.25 Ghz. Le nouveau boitîer, légèrement modifié, embarque une nouvelle carte-mère équipée en mémoire vive DDR à 333 Mhz, mais dont les mauvaises langues font remarquer que le processeur ne sait pas tirer partie... Il faudra se consoler avec la possibilité de combiner deux lecteurs optiques, la deuxième trappe n'étant plus limitée aux petits lecteurs du type zip ! Moins de six mois plus tard, la gamme est à nouveau améliorée avec l'apparition d'un modèle bi-processeur à 1,42 Ghz, et le retour d'une version mono-processeur à 1 Ghz, accompagnés d'une baisse de prix de 20 à 30% qui profite également aux écrans plats.


Le 23 juin 2003, est enfin présenté le fruit de plusieurs années de travail entre IBM et Apple : le PowerMacintosh G5, embarquant le tout nouveau processeur PowerPC G5 fabriqué par IBM. Ce processeur, dérivé du très puissant (et très cher) Power4 d'IBM, est présenté comme le premier processeur 64 bits du marché, capable de faire également tourner toutes les applications 32 bits disponibles. Sa fabrication a nécessité la construction d'une nouvelle usine qui a couté plus de 3 milliards de dollars à IBM ! La nouvelle carte-mère offre aussi un bus système survitaminé, puisqu'il est fixé à la moitié de la vitesse du ou des processeurs. Ainsi, le modèle haut-de-gamme, équipé de deux PowerPC G5 à 2 Ghz, offre une carte-mère dont le bus atteint 1 Ghz, "une première mondiale".
A nouveau processeur, nouveau design, plus grand, mieux ventilé. La mémoire vive DDR atteint 400 Mhz, le PCI-X à 133 Mhz fait son apparition, tout comme l'AGP 8x. Résultat : le processeur développe une puissance sans précédent, dépassant la puissance des processeurs Pentium IV ou Xeon à plus de 3 Ghz !
Pourtant, le prix des machines reste acccesible, de 2000 à 3000 dollars, soit moins que la dernière génération de G4. 256 à 512 Mo de mémoire (extensible à 8 Go), disques durs de 80 à 160 Go, et GeForce FX 5200 ou Radeon 9600 Pro pour le modèle supérieur.


Devant la forte demande du modèle bi-processeur, c'est un nouveau G5 intermédiaire qui fait son apparition le 18 novembre. Aucun changement notable, mise à part la présence de 2 processeurs à 1,8 Ghz. L'ensemble de la gamme en profite pour voir ses tarifs revus légèrement à la baisse.

La première mise à jour a lieu un an plus tard, lors de la WWDC en juin 2004 à San Francisco. Déception dans l'assistance, puisque la gamme n'atteint pas les 3 Ghz promis alors par Steve Jobs. Les modèles sont maintenant cadencés à 1.8, 2 et 2.5 Ghz, chacun équipés de deux processeurs. Selon le patron d'Apple, le marché a dû subir un tel ralentissement dans son ensemble, en raison du passage à la gravure de processeurs à 90 nm. Cependant, IBM s'en tirerait mieux que les autres : 20% de hausse contre 12% chez Intel... Le19 octobre, un nouveau "petit" PowerMac G5 fait son apparition, un mono-processeur à 1,8 Ghz, pour 1.499 dollars.

Malgré la hausse limitée des fréquences, Apple a tout de même été contrainte de revoir le refroidissement de ses machines. Faute de pouvoir multiplier indéfiniment les les radiateurs pour dissiper la chaleur et les ventilateurs chargés de renouveler l'air, la marque a opté pour son premier système de refroidissement liquide (water cooling) sur son modèle à 2,7 Ghz.


Le 3 mai 2005, la gamme gagne quelques Mhz, atteignant 2,7 Ghz sur le double-processeur du haut de gamme. Le petit 1,8 Ghz reste de la mise, et deux modèles bi-processeur s'intercalent, à 2 et 2,3 Ghz. En clair : la gamme faiblit, et les 3 Ghz semblent inaccessibles, près de deux ans après la sortie du modèle à 2 Ghz. Le modèle monoprocesseur à 1,8 Ghz disparaît fin juin, Apple expliquant que l'iMac G5 remplit très bien les mêmes fonctions, la gamme professionnelle se recentrant sur les bi-processeurs.



C'est dans ce contexte qu'Apple annonce, le 6 juin 2005, après quelques jours de folles rumeurs, son choix de se passer dorénanvant des services d'IBM et de Motorola, et de s'approvisionner chez Intel. Devant près de 4000 développeurs réunis à San Francisco pour la WWDC, Steve Jobs présente présente un Mac de test à base de Pentium 4, faisant tourner MacOS X, à propos duquel il confie qu'il a été développé, depuis cinq anq, en parallèle sur les puces PowerPC et Pentium, tout comme les logiciels de la marque. Pour faciliter la transition (troisième du genre après le passage au PowerPC puis à MacOS X) et fidèle à son habitude, Apple assurera la compatibilité des logiciels entre les deux plates-formes au moyen de ressources communes et d'un émulateur PowerPC pour Pentium, appelé "Rosetta".


En attendant, la gamme bénéficie d'un sérieux coup de fouet le 19 octobre de la même année, avec l'adoption par Apple du processeur "Dual Core" d'IBM, amélioration du G5 embarquant deux cœurs dans chaque puce (2, 2,3 et 2,5 Ghz). Le modèle haut-de-gamme, à 2 x 2,5 Ghz, surnommé "Quad" en raison de ses quatre cœurs, se veut près de deux fois plus puissant que son prédecesseur. Pour alimenter la machine qui embarque une carte graphique Quadra FX 4500 de NVidia, l'alimentation supporte 1000 watts et la carte mère est équipée d'un système de refroidissement liquide !

L'année 2006 sera celle de tous les sacrifices. Après la disparition du PowerBook en janvier, après quatorze ans de service, c'est au tour du PowerMac de quitter la scène, le 7 août 2006. Douze ans et cinq mois de performances inégalées, de design à couper le souffle, d'innovations technologiques... Place maintenant au Mac Pro, digne successeur du PowerMac à l'heure de franchir les portes du monde Intel...





Modèles
Année
Informations
PowerMac 4x00
96 - 98
Réponse d'Apple aux cloneurs : rapides, pas chers et pas beaux.
PowerMac 5x00
97 - 98
Les anciens Performas monoblocs grand public
PowerMac 6x00
97 - 98
Au début, PowerMacs d'entrée de gamme (format pizza box), puis les anciens performas modulables.
PowerMac 7x00
94 - 98
Milieu de gamme des PowerMacs (format bureau).
PowerMac 8x00
94 - 98
Haut de gamme destiné particulièrement à l'audio-vidéo.
PowerMac 9x00
95 - 98
Très haut-de-gamme, très chers, très puissants.
PowerMac G3
98 - 99
Remplace tout le reste. Processeur PowerPC 750.
PowerMac G4
99 - 03
Remplace les G3. Très puissant! Version bi-processeur en 2000. Mémoire DDR en 2002.
PowerMac G5 03 - 06 PowerPC G5, 64bits. Version "Dual Core" en 2005.

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