AppleLink, le réseau d’Apple avant Internet

Connaissez-vous AppleLink ? Apparu en 1985, ce service permettait de connecter les revendeurs Apple aux serveurs de la marque, puis les développeurs, et même de simples utilisateurs. Il avait rempli son office jusqu’en 1994, avant de laisser sa place à eWorld. AppleLink était basé sur un logiciel permettant de visualiser les données proposées par la marque, à la manière des dossiers et fichiers du Finder. Pour cela, Apple avait dû développer un format de fichier particulier, adapté aux fichiers du Macintosh (avec leurs ressources et leurs données séparées). AppleLink offrait également un service de messagerie.

Voici justement une brochure américaine datant de 1988, présentant ce service lors de son ouverture au grand-public. Apple vantait la possibilité de poser des questions au service après-vente de la marque, d’assister à des conférences, de discuter avec d’autres utilisateurs, et de télécharger des logiciels gratuits ou des versions de démonstration. AppleLink offrait aussi des services boursiers, des actualités et informations sportives, ou encore des réservations de voyages, autant de services fournis par Quantum Computer Services (l’ancien nom d’AOL).

AppleLink 1988 brochure

Pour participer à cette aventure, il suffisait d’ajouter un modem à son ordinateur (Macintosh ou Apple IIe, IIc ou IIGS), par exemple l’excellent Apple Personal Modem. Il fallait aussi penser à demander au revendeur le coût de la connexion : pas moins de 15 dollars de l’heure de connexion…

AppleLink 1988 brochure

Et vous savez le plus beau ? En 1991, AppleLink utilisé sur un Macintosh Portable avait permis d’envoyer le premier e-mail depuis l’espace ! Les astronautes Shannon Lucid et James Adamson avaient pu envoyer quelques lignes, retransmises grâce au système de connexion de la navette Atlantis. C’est lors de la même mission qu’avait été tournée cette courte vidéo où l’on voit une disquette éjectée par le Macintosh Portable, en apesanteur !

Apple et Dell, la bataille rangée de 1997

Michael Dell, en 1997, est le patron d’une entreprise qui s’apprête à devenir le plus gros fabricant d’ordinateurs au monde. Âgé d’un peu plus de 30 ans, après avoir régné sur le monde de l’entreprise, il défriche depuis quelques mois le marché des particuliers, avec une technique inédite : la commande sur Internet, permettant de réaliser des machines sur mesure grâce à de nombreuses options de personnalisation.

Dell 1997 website

Alors quand il parle, tout le monde se tait pour l’écouter. Comme ce 6 octobre 1997 en marge de l’ITxpo97 quand, interrogé sur ce qu’il ferait s’il était à la tête d’Apple, il recommande à Steve Jobs de fermer la boîte et de rendre l’argent aux actionnaires.

Michael Dell "I’d shut it down, and give the money back to the shareholders."

Dans le même temps, Steve Job vient de reprendre les rênes du constructeur informatique Apple, à deux doigts de la faillite. Il ne peut pas laisser impuni un tel affront. C’est donc sur scène, au cours de sa présentation du Power Macintosh G3 et de l’Apple Store, que Steve Jobs cible littéralement Michael Dell : « surveille tes arrières, mon pote, on arrive ! ».

Il faut dire qu’au cours des mois précédents, Apple venait de reprendre, de l’aveu même de Steve Jobs, les innovations défrichées par Michael Dell, notamment le Store en-ligne et l’assemblage à la commande (Build-to-order), qui avaient conduit Dell à la première place des fabricants de PC dans le monde.

Michael Dell reviendra bien plus tard sur cette petite phrase, à l’occasion d’une interview accordée en 2011 lors de la conférence Web 2.0 Summit. Sa phrase avait été mal interprétée, expliquera-t-il alors : « Le sens de ma réponse était que je suis le PDG de Dell, et je ne me vois pas être le patron d’une autre société, je ne suis pas un PDG en disponibilité, du coup, si vous me demandez ce que je ferai pour n’importe quelle autre entreprise, ce n’est pas franchement une chose à laquelle je pense ».

[Remarque : cet article est tiré de notre poisson d’avril, quand l’Aventure Apple devait être rebaptisé en Dell’Aventure]

Quand Apple vendait des DVD vierges

Et vous, avez-vous connu cette époque où Apple vendait sa propre gamme de DVD à graver, pour accompagner ses Power Macintosh équipés d’un lecteur-graveur SuperDrive ?

Apple DVD-R

C’est en janvier 2001 qu’Apple recycle la marque « SuperDrive », précédemment employée pour son lecteur de disquettes 1.4 Mo, pour désigner un nouveau lecteur de CD également capable de lire et de graver les DVD-R. Il fallait opter pour le haut-de-gamme du Power Macintosh G4 à 733 Mhz pour bénéficier de cette technologie, avec un ticket d’entrée à 3500 dollars.

Pour rendre cette technologie accessible au grand public, Apple proposait le tout nouveau logiciel iDVD, facilitant la création d’une interface de navigation dans le film, et automatisant le processus d’encodage et de gravure.

iDVD, ici en version 2006
iDVD, ici en version 2006

On se souviendra qu’après avoir longtemps boudé le format DVD+R, pourtant devenu plus populaire dans le monde des PC et des lecteurs de salon dès 2002, Apple finira par l’adopter en janvier 2005. Le Journal du Lapin se remémore ce bridage fort ennuyeux dans un article de juillet 2017.

Souvenir : le QuickTime Movie Trailers Theatre

Et vous, avez-vous connu le QuickTime Movie Trailers Theatre, cet espace du site internet d’Apple qui proposait de regarder des bandes-annonces de films ? C’était un moyen pour la marque de faire connaître sa technologie QuickTime. Lors du lancement de ce service gratuit, YouTube n’existait pas encore, et pour regarder des bande-annonces, il fallait aller au cinéma !

Voici par exemple les films qui étaient proposés en novembre 2000 : Monstres & cie, À l’aube du sixième jour, Charlie et ses drôles de dames, ou encore Un amour infini.

QuickTime Movie Trailers 2000

Les vidéos étaient disponibles dans une qualité tout à fait exceptionnelle pour l’époque, jusqu’à 640 pixels de large ! Avec un modem 56k, il fallait être extrêmement patient pour profiter du spectacle… En mars 1999, c’est sur ce site qu’avait été diffusée la bande-annonce de La Menace Fantôme, le premier (ou quatrième…) épisode de Star Wars. Un million de téléchargements avaient été enregistrés en moins de 24 heures, établissant un record de téléchargements dans l’histoire d’Internet, et une bonne publicité pour QuickTime face à ses rivaux d’alors, RealPlayer de RealNetworks et Microsoft Media Player. Sorenson (qui avait développé le codec de compression pour QuickTime) et Akamai (prestataire technique des réseaux d’Apple), n’étaient pas non plus étrangers à cet exploit…

StarWars.com 1999 website
Même sur le site StarWars.com, Apple affichait son « Think Different » !

Sites : Cnet ; Wikipedia

1995 : le meilleur des deux mondes

Au milieu des années 90, Apple était au milieu du gué. Elle venait de réussir une belle transition vers le processeur PowerPC, mais elle peinait à imaginer l’avenir de son système d’exploitation, face à Microsoft dont le système Windows 3 s’était imposé dans le monde entier, et qui s’apprêtait à enfoncer le clou avec Windows 95. Faute de pouvoir se démarquer avec un produit moderne et performant, Apple cherchait alors à minimiser son caractère marginal, en insistant sur le fait que ses clients n’étaient pas coupés du monde des PC. On a déjà parlé sur ce blog de la publicité « Oui ! » célébrant le mariage PC/Macintosh sur le Performa 630. Ces extraits du magazine Apple News, le magazine d’Apple France, en sont un autre parfait exemple.

Apple News (Apple France magazine) 1995 PowerPC Intel Power Macintosh

Apple laissait clairement envisager qu’il n’était plus nécessaire de choisir entre l’achat d’un Mac et celui d’un PC. Le Mac devenait capable de lire les disquettes formatées pour les PC ; d’utiliser des logiciels conçus pour DOS ou Windows ; et même d’intégrer un véritable PC sous le capot : toute les barrières étaient levées !

Apple News (Apple France magazine) 1995 PowerPC Intel Power Macintosh

La lecture de disquettes était rendue possible par le lecteur de disquettes SuperDrive, intégré aux Macs depuis la fin des années 1980, épaulé par les tableaux de bord « Échange PC/Macintosh » et « Macintosh Easy Open », permettant de lire les disquettes formatées par DOS ou Windows, et de gérer les applications capables de prendre en charge chaque type de document (rappelons qu’à l’époque, les formats PC et Mac étaient incompatibles dans la plupart des logiciels…). SoftWindows pouvait venir à la rescousse, en émulant un environnement DOS/Windows sur le Power Macintosh, avec « des performances limitées à celles d’un PC milieu de gamme ». Mais la vraie grande classe, c’était le Power Macintosh 6100 DOS Compatible. C’était un vrai Mac, avec un vrai PC dedans : processeur Intel 486 DX2/66, carte Sound Blaster 16, DOS 6.22 et Windows 3.1.

Apple News (Apple France magazine) 1995 PowerPC Intel Power MacintoshSur ce Power Macintosh, un nouveau tableau de bord, nommé « Réglages PC », permettait de gérer finement la configuration du PC, depuis les images-disques connectées jusqu’à la quantité de mémoire vive allouée.  C’est aussi depuis ce tableau de bord qu’on démarrait le PC et qu’on l’affichait à l’écran. Pour basculer d’un environnement à l’autre, il suffisait de taper Cmd-Retour au clavier. Quant au copier-coller partagé entre les deux univers, il était géré du côté du PC par un pilote spécifique à installer sous DOS et Windows 3.

Le manuel de Test Drive a Macintosh

Il y a quelques semaines, nous vous avions raconté l’histoire de la campagne publicitaire « Test Drive a Macintosh », au cours de laquelle Apple avait prêté ses premiers Macs à d’hypothétiques futurs clients, à la fin de l’année 1984. Nous vous avions aussi présenté l’étiquette à bagages fournie par Apple à ses testeurs, dont nous disposons dans notre collection.

Aujourd’hui, nous vous présentons le manuel distribué pour l’occasion par Apple à ses testeurs. À l’aide de cette brochure, et éventuellement d’une cassette audio prêtée pour la durée du test, les clients pouvaient découvrir le Macintosh, mais aussi MacWrite, MacPaint, MacProject, ainsi que Multiplan et Charts de Microsoft (qui deviendront Excel après leur fusion).

Cliquez sur l’image pour naviguer en 3D dans cette brochure !

Comme vous le découvrirez si vous parlez un peu anglais, le testeur était invité à vivre le lancement d’un nouveau produit, par la création de mémos, de tableaux, de budget, et d’un planning de lancement. Au passage, il découvrait l’ordinateur, la souris, les menus, le copier-coller, et toutes ces nouveautés du Macintosh qui nous paraissent aujourd’hui tellement naturelles.

Apple précisait que ce livret pouvait être conservé par l’utilisateur, qui devait cependant ramener à la boutique les disquettes, la cassette, la sacoche de transport et, hélas, le Macintosh…

Dernier détail intéressant : le copyright de la marque « Macintosh » était encore crédité, en dernière page, à McIntosh Laboratory, et utilisé par Apple avec l’autorisation de son propriétaire. Nous avons déjà raconté ici l’histoire de cette reprise de la marque par Apple.

Une brève histoire d’iChat (et des astuces)

En août 2002, avec Mac OS X 10.2, Apple intégrait à son système un logiciel de messagerie instantanée, un outil très à la mode à l’époque. Ce logiciel, c’était iChat, un gros coup pour la marque qui proposait ainsi le premier client AOL Instant Messenger (AIM) pour son système Mac OS X. Signe des temps, la première version d’iChat était également compatible avec ICQ, l’ancêtre de la messagerie instantanée. iChat était immédiatement reconnaissable, avec son interface typique des premières versions de Mac OS X et ses grosses bulles colorées.

MacOS X Jaguar

iChat devint iChat AV en juin 2003 lors de la sortie de Mac OS X 10.3, en gagnant la possibilité de mener des discussions audio et vidéo. Jusqu’en février 2004, ce mode de discussion s’appuyait sur le protocole SIP, avant d’adopter celui d’AIM 5.5, puis le protocole de Google Talk en juin 2004, de Jabber en 2009, et celui de Yahoo Messenger en 2011. Rarement une application pour Mac aura été aussi ouverte sur le monde qui nous entoure !

Avec le rapprochement entre les univers du Mac et de l’iPhone, iChat cédera sa place à Messages en juillet 2012. De quoi échanger aisément entre Mac et iPhone, mais aussi envoyer de vrais SMS depuis le Mac, l’iPhone servant de relai vers le réseau mobile.

Puisqu’Apple utilisait le système AIM, elle ne fournissait aucun support aux utilisateurs. En cas de perte de mot de passe (à l’occasion d’un changement de machine ou d’une réinstallation), c’est directement vers AOL qu’il fallait se tourner. Et plus précisément vers le site www.aim.com, sur lequel vous trouviez le lien « Lost Password ». Il vous suffisait de taper votre identifiant AIM utilisé dans iChat, et de relever votre boîte aux lettres, dans laquelle le mot de passe vous était envoyé.

iChat Lost Password

Comme nous le notions à l’époque dans la revue A Vos Mac, on ne pouvait choisir qu’un seul style de caractères pour ses bulles, dans les Préférences « Messages ». Pourtant, il était possible d’utiliser tous les styles imaginables, d’un simple copier-coller depuis un autre logiciel, comme TextEdit ou Word. Une fois le texte tapé dans un logiciel qui permet de changer les couleurs et les caractères, il suffisait de le copier puis de le coller dans la zone de texte d’une fenêtre de « discussion » dans iChat. [Note : cette astuce ne marche plus avec Messages…]

Apple iChat styles

Pour envoyer une image, il était possible de la glisser (depuis Safari, le bureau, iPhoto…) vers le nom de votre correspondant dans la fenêtre principale d’iChat. Mais il y avait encore plus élégant : une fois le dialogue instauré, vous pouviez glisser l’image vers la zone de texte, elle apparaissait sous la forme d’une petite icône. En validant l’envoi d’un appui sur la touche retour, l’image apparaissait dans une bulle, chez vous comme chez votre correspondant.

Apple iChat image

High Sierra, en 1988

Si je vous dis « High Sierra », il y a de fortes chances que vous pensiez à la version 10.13 de Mac OS X, distribuée par Apple à partir de septembre 2017.

MacOS X High Sierra

Mais si je vous dis que High Sierra était déjà supporté par Apple près de trente ans plus tôt, en 1988, vous en dites quoi ? C’est pourtant ce que l’on découvre dans cet article du magazine InfoWorld paru le 10 octobre 1988. Pour garantir la plus grande compatibilité avec les CD-Roms, la marque y annonçait le support du format ISO High Sierra, également connu sous le nom de HSFS (High Sierra File System). Le Macintosh n’était pas le seul à s’ouvrir à ce format : l’Apple IIGS était également compatible, au moyen de ses File System Translators.

InfoWorld 10 octobre 1988
Image : Google Books

Ce format a aujourd’hui complètement disparu : il a évolué rapidement vers le format ECMA-119 puis vers l’ISO 9660 que l’on connaît encore aujourd’hui. Il devait son nom à l’hôtel californien dans lequel s’étaient réunis ses concepteurs en novembre 1985, dans la région montagneuse du même nom. Parmi ces spécialistes, se trouvaient des représentants d’Apple, mais aussi de Microsoft, Philips, Hitachi, ou encore Sony.

Un émulateur HyperCard chez Internet Archive

Vous connaissez sans doute le site Internet Archive, ce site à but non lucratif qui héberge une bibliothèque numérique gratuite, dans laquelle on trouve notamment des versions navigables du web à différentes époques, sous le nom de Wayback Machine. On peut ainsi retrouver le site d’Apple tel qu’il était en 1999, ou celui de l’Aventure Apple en 2001 !

Depuis 2017, Internet Archive dispose également d’un émulateur de Macintosh sous système 6, permettant de retrouver en ligne de nombreux logiciels archivés. Une section est dédiée à HyperCard.

Hypercard emulator on Internet ArchiveCette section dédiée facilite grandement la mise en ligne de piles personnelles, puisqu’il suffit de les télécharger sur le site HyperCardOnline pour les voir automatiquement apparaître sur le site Internet Archive, chacune pré-chargée dans un émulateur. Attention cependant, quelques défauts gâchent encore un peu le concept , notamment les sons qui ne sont pas gérés, le clavier qui est parfois inopérant (notamment les raccourcis interceptés par Mac OS X) et les icônes personnalisées qui ont tendance à se mélanger les pédales. Mais vous pourrez retrouver vos images, vos champs de texte, et même modifier les scripts de vos piles, avec une lenteur digne de nos bons vieux Macs à 8 Mhz !

HyperCard Script

Avant Titan et l’iCar, une Renault Clio Apple

À l’heure où les rumeurs les plus folles circulent sur fond de projet Titan et d’iCar chez Apple, voici l’occasion de revenir sur une information dont nous vous parlions déjà il y a une éternité sur l’Aventure Apple : Apple a participé à une série limitée de la Renault Clio, en Espagne. Après la piqure de rappel administrée il y a quelques années par le Journal du Lapin, il est temps de nous rafraîchir la mémoire !

Pour commencer, il faut préciser que la Clio Apple était une des innombrables séries limitées proposées par la marque : vous vous souvenez peut-être de la Clio Shangai, de la Clio NRJ, de la Clio Chipie, ou de la Clio Alizé. Aux Pays-Bas, on croisait des Clios Longchamp. En Grande-Bretagne, des Clios Paris ou Versailles. En Allemagne et en Italie, des Clio Oasis ou Mexx. Bref, des dizaines de versions limitées dont beaucoup usaient du co-branding pour associer deux marques à succès. Un inventaire de ces modèles, avec leurs prospectus, est proposé sur le site Les Renault de Papier)

Séries spéciales Renault
Images : http://lesrenaultdepapier.fr

En Espagne plus particulièrement, Renault venait de frapper un grand coup en 1995 avec une campagne publicitaire à succès : JASP, pour Jovenes aunque sobradamente preparados (Jeunes, mais bien préparés). Plus qu’une publicité, c’était une véritable analyse sociale de cette nouvelle génération, des jeunes adultes à la tête bien faite venant bousculer un marché du travail déjà encombré et un peu sclérosé. Une campagne publicitaire qui a marqué les Espagnols, plus encore que le fameux « Pas assez cher, mon fils » des Français de la même génération ; à tel point que le terme JASP est aussi commun en Espagne que Génération X, Génération Y, ou Millenials.

Avec cette publicité JASP, reprise dans des magazines et sur des panneaux d’affichage, Renault ciblait une génération diplômée, bien dans sa peau, capable de citer Kant et Sénèque, une génération qui recherchait une voiture moderne, audacieuse, à la fois raisonnable et sportive, fiable et sans prétention. L’année suivante, surfant sur cette image renouvelée, la filiale espagnole de Renault accolait le logo JASP à toute sa communication dédiée au modèle Clio. C’est tout naturellement qu’on retrouve ce logo sur les brochures et les publicités de la série Limitée Clio Apple proposée en 1996 en Espagne.

Renault Clio Apple JASP publicité

Alors, qu’avait-elle de spéciale, cette Clio Apple ? Hé bien honnêtement, pas grand chose : des rétroviseurs et un béquet aux couleurs de la carrosserie, un autoradio-cassette avec commandes au volant, et deux malheureux monogrammes Apple sur les flancs. Bref, les simples finitions optionnelles de la Clio 1 phase 3, rien de plus. La marque proposait deux modèles : la Clio S (3 ou 5 portes, 1,4 L, 75 cv) et la Clio RSi (3 portes, 1,8 L, 110 cv). Vous pouvez découvrir la brochure complète de la Clio Apple (6 pages) sur notre blog, en cliquant ici !

Renault Clio Apple JASP publicité

Comme l’ont constaté nos lecteurs hispanophones dans la publicité ci-dessus, cette Clio était fournie avec un téléphone GSM et un PowerBook 190, l’offre étant valable uniquement jusqu’à épuisement des stocks de PowerBooks, remplacés ensuite par l’infâme Performa 5260 dont nous avons déjà parlé par ailleurs. D’après nos souvenirs, l’offre avait été prolongée avec le PowerBook 1400, commercialisé en octobre 1996.

Le slogan « 110 chevaux, 500 mégas » aurait également fleuri sur les panneaux publicitaires, si l’on en croit ce cliché retrouvé tout au fond d’internet. 110 chevaux, c’était la puissance du modèle RSi ; 500 mégas, la capacité du disque dur du PowerBook.

Publicité Apple Renault Clio 100 Caballos, 500 megas
Image : JMCPRL.net

Il y avait même une publicité dont YouTube a gardé une trace, oui, une vilaine trace qui fleure bon l’importation à l’aide de la carte d’acquisition pour Performa et la compression à l’aide du codec Cinepak en vogue à l’époque :

Pour 3000 euros, il  est toujours temps d’acquérir une de ces voitures, dans le coloris bleu azur, sur ce site espagnol de petites annonces. Elle compte 88.000 km au compteur, et se trouve à Barbastro, au sud des Pyrénées.

Enfin, soyez attentifs afin de ne pas confondre cette Clio Apple avec la Clio i-Music, qui n’a rien à voir du tout. Commercialisée en 2006 et 2007, cette série spéciale (également disponible dans les autres modèles de la marque) était simplement dotée de haut-parleurs supplémentaires et d’une connectivité renforcée grâce au bluetooth et au boîtier TunePoint compatible iPod et USB. Si vous voulez transformer votre Modus en Modus i-Music, vous trouverez des logos tout neufs sur eBay.

Logo Renault i-Music
Image : eBay