L’obsession du détail chez Apple : les connecteurs

L’attention portée par Apple aux moindres détails du design de ses machines confine souvent à l’obsession. En voici un exemple : quand elle conçoit ses cartes-mères, Apple fait fabriquer des connecteurs dont les différentes pièces en plastique reprennent la couleur du boîtier. Tout le contraire des fabricants de PC qui affectent une couleur à chaque port : bleu pour l’USB et l’écran, rose pour le micro, vert pour la souris, mauve pour le clavier…

Ainsi, quand les premiers Macs étaient beige, ou gris platine, leurs ports ADB, modem et imprimante, étaient assortis.

Apple , Les ports du Performa 6400

Puis quand elle a commencé à proposer des accessoires noirs, comme ce QuickTake 100 de 1994, la marque a intégré des port noirs.

Apple , Les ports du QuickTake 100

Même choix, évidemment, avec les PowerBooks, comme ce modèle G3 de 1999 (nous l’avons déjà présenté sous toutes les coutures dans un précédent comparatif).

Apple , Les ports du PowerBook G3

Et même quand elle s’est tournée vers le blanc le plus étincelant, Apple a conservé cette manie. C’est le cas de l’iBook G4, mais aussi de l’eMac de 2002 ici présenté.

Apple , Les ports de l'eMac

C’est encore le cas aujourd’hui, avec l’Apple TV, l’iMac et l’iMac Pro, les MacBooks, le Mac Pro… Finalement, il n’y a eu qu’une seule vraie entorse à cette règle, mais c’était pour la bonne cause : le premier Apple TV, en 2007, a utilisé les codes couleurs habituels des appareils de salon, pour mieux se faire accepter dans ce qui n’était encore pour Apple qu’un hobby.

Apple , Les ports de l'Apple TV

Les moustaches d’AppleWorks

Ce qui est génial avec eBay, c’est qu’on trouve toujours des choses que l’on n’a pas cherchées, comme cette magnifique présentation d’AppleWorks 4 en vidéo, édité sur VHS en 1993 par Quality Computers, avec Randy Brandt et Dan Verkade. Si vous ne voulez pas dépenser 35 dollars pour acheter la cassette vidéo, vous pouvez vous contenter de cette version retrouvée sur Vimeo. La vidéo débute par quelques interviews, dont la première sur une plage, sur fond de soleil couchant (voire carrément couché…), au coin d’un feu de camp de la plus belle espèce…

AppleWorks fut à la fois le prédécesseur et le successeur de ClarisWorks, durant cette période où Apple confia à sa filiale Claris le soin d’éditer ses logiciels. Plus tard encore, AppleWorks/ClarisWorks laissa la place à iWork. Il est d’ailleurs surprenant de voir que cette vidéo est datée de 1993, alors que ClarisWorks avait déjà pris la relève sur Macintosh. En réalité, tout occupé par ce développement, Claris avait concédé la licence d’AppleWorks pour les Apple II à Quality Computers qui avait développé les versions 4 puis 5, en 1993 et 1994.

Des souris et des iPods de toutes les couleurs

Apple et les couleurs, c’est une histoire qui ne date pas d’hier. La gamme iPod, en particulier, a permis à la marque de donner libre cours à son imagination : nous vous avons déjà parlé des timides essais de couleurs de l’iPod Mini, ou de la lente maturation des couleurs de l’iPod. Aujourd’hui, nous vous offrons quelques clichés de notre collection d’iPods shuffle, dont les couleurs correspondent presque exactement avec celles des iMacs de 1999 : fraise, myrtille, citron vert, raisin et mandarine… sans oublier la version gris graphite, apparue un peu plus tard.

Colors iPods Shuffle + USB Mice

Colors iPod Shuffle - Pink + USB Mouse

Colors iPod Shuffle - Grey + USB Mouse

Les nuances de la gamme iPod shuffle ont été très subtiles, comme en témoignent ces modèles de 2006 à 2010.

Colors iPod Shuffle - Blue

Des cartes-mères et de la lumière

Quand on démonte, bricole et nettoie de vieux Macs, on finit par avoir des idées étranges. Par exemple, photographier une carte-mère en l’éclairant par en-dessous. Voici ce que ça donne avec la carte-mère du premier Macintosh.

Apple Macintosh Motherboard Backlight

De plus près, voici un exemple réalisé  avec une carte-mère plus récente. On remarque les pistes de cuivre, qui rejoignent les pattes des composants au centre de chaque pastille. Joli, non ?

Apple Motherboard Backlight

En voici encore deux exemples, réalisés avec la carte-mère d’un PowerMacintosh 6400. On la retire aisément, puisqu’elle est positionnée sur un tiroir qui s’extrait de la tour.

Apple PowerMacintosh 5400 backlight motherboard

Apple PowerMacintosh 5400 backlight motherboard

Un boîtier transparent pour votre Macintosh SE

Vous connaissez bien le Macintosh SE et son successeur, le Macintosh SE/30 (mais si, celui qui a failli s’appeler le Macintosh SEx)… Les amateurs éclairés de MacEffects mènent actuellement un projet Kickstarter pour offrir au SE et au SE/30 un boîtier transparent du plus bel effet, à la manière des prototypes conçus par Apple. Près de 13.000 dollars ont déjà été récoltés sur les 15.000 recherchés par les porteurs du projet.

Injection Molded Clear Case for Apple Macintosh Mac SE/30
Image : Kickstarter

Si l’idée vous plaît, vous pouvez bien sûr participer au financement de ce projet, avant le dimanche 12 mai. Le ticket d’entrée est à 175 dollars pour un dos transparent ; comptez 225 dollars pour obtenir en plus un ventilateur équipé de leds, et plus encore pour disposer de différents modèles colorés accompagnés d’accessoires pour embellir l’intérieur de la machine. Si le projet atteint 27.500 dollars, l’avant du boîtier transparent sera mis en production (avec un seul emplacement pour disquette). Et pour 30.000 dollars, c’est la souris ADB qui bénéficiera de son boîtier transparent.

Jusqu’à cette nuit, il était possible d’acquérir le prototype développé par l’équipe de MacEffects, puisqu’ils l’avaient mis en vente sur eBay. La vente est aujourd’hui terminée, peut-être car celui-ci venait de baisser de 4500 à 1800 dollars : une affaire, d’autant plus que le Macintosh SE/30 était fourni, avec un disque dur qui marche quand il veut

MacEffects Prototype Apple Computer Macintosh Mac SE/30
Image : eBay

Pour se consoler d’être arrivé trop tard, il reste une solution. La même équipe propose également à la vente le tout premier prototype de sa série, fabriqué au moyen d’une imprimante 3D. Cette pièce unique est proposée aux enchères pendant encore une petite semaine et dépasse déjà les 5.600 dollars !

MacEffects Prototype Case for Apple Computer Macintosh Mac SE/30
Image : eBay

L’équipe de MacEffects n’en est pas à son coup d’essai : nous avions déjà parlé d’elle puisqu’elle propose à la vente sur eBay des rubans neufs pour l’imprimante ImageWriter II, et en couleurs s’il-vous-plaît !

Bon anniversaire l’eMate 300 !

Alors même que nous commémorions il y a quelques jours les 21 ans de l’abandon de la gamme Newton par Apple, nous fêtons aujourd’hui les 22 ans de l’eMate 300, qui n’aura donc pas tenu un an au catalogue…

Apple eMate 300 (Newton)

Apple eMate 300 (Newton)

Apple eMate 300 (Newton)

Par bien des aspects, l’eMate était une machine emblématique. Dans son design, tout d’abord, puisqu’elle préfigurait la place centrale que Jonathan Ive redonnera bientôt au design au sein de la firme. Comme l’iMac et l’iBook après lui, l’eMate 300 avait été prévu pour offrir différentes couleurs de boîtiers, qui ne seront finalement jamais commercialisées. Dans ses composants ensuite, puisque la gamme Newton s’appuyait déjà sur un processeur ARM et un écran tactile (avec stylet) comme l’iPhone le fera onze ans plus tard. Dans son destin enfin, puisque malgré ses qualités, cette machine sera abandonnée sans autre forme de procès par Steve Jobs, pour permettre à l’entreprise de se concentrer sur le développement de Mac OS.

Apple eMate 300 (Newton)

Cette petite machine, vendue uniquement aux établissements scolaires au prix d’environ 800 dollars à l’époque, se trouve facilement aujourd’hui sur le marché de l’occasion. Sur eBay, on en voit régulièrement à moins d’une centaine d’euros.

Le design d’Apple en trois boîtes

Certains produits d’Apple ont connu plusieurs vies, passant d’une gamme à l’autre sans se voir remplacés au catalogue. C’est le cas du Joystick A2M2002 destiné à l’origine à l’Apple IIe, dont nous avons déjà parlé dans un article relatif à cette belle couleur orange des années 80. Il a ensuite été décliné dans un modèle compatible avec le IIe et le IIc, puis a bénéficié de la nouvelle image de la marque, abandonnant l’orange pour un gris platine plus moderne sous la référence A2M2012.

Apple A2M2002 et A2M2012 joystick for Apple IIc IIe

En trois boîtes, ce joystick résume l’évolution du design Apple dans les années 80 : celui de l’Apple IIe utilise encore l’ancienne présentation de la marque, avec un carton nu, et la mention « The Personal Computer » sur la pomme. Lors de la sortie de l’Apple IIc en janvier 1984, la boîte devient blanche, avec la marque Apple écrite dans une police sans empattement. Dès 1986, celle-ci sera remplacée par la police Apple Garamond qui accompagnera Apple durant près de vingt ans.

Apple A2M2002 et A2M2012 joystick for Apple IIc IIe

 

Un PowerBook 170 JLPGA aux enchères

Si vous disposez d’un compte sur le site d’enchères de Yahoo au Japon, c’est le moment de faire chauffer la carte bleue : on y trouve pour encore quelques heures un très rare PowerBook 170 JLPGA. Il s’agit d’une édition limitée, produite à 500 exemplaires en 1992 à l’occasion d’un tournoi de golf féminin japonais connu sous le nom de JLPGA.

Japan JLPGA PowerBook 170 série limitée

Mis à part son clavier mixte américain et japonais, et ses plastiques bigarrés reprenant les couleurs du logo Apple , c’est un PowerBook comme les autres, avec son écran de 9,8 pouces et son processeur 68030 à 25 Mhz.

Japan JLPGA PowerBook 170 série limitée

Contrairement à beaucoup de ses congénères, celui-ci dispose encore du clapet arrière destiné à masquer les prises, de couleur rouge sur cette série limitée, tout comme le cache de la batterie. Le prix d’entrée est fixé à 550,000 yens, soit environ 4500 euros. Pour le moment, aucun enchérisseur ne s’est déclaré !

Japan JLPGA PowerBook 170 série limitée

Le truc le plus sale de l’histoire d’Apple

On a déjà parlé des souris ADB d’Apple, dont le plastique texturé et la pomme gravée finissaient toujours tout crasseux. Mais ce n’est rien à côté du truc le plus dégueu de toute l’histoire d’Apple : le clavier USB de 2003, numéro de modèle A1048 (ou A1016 pour la version sans fil).

Apple 2003 USB Keyboard A1016

Sur le papier, ce clavier était magnifique : chaque touche reposait sur un mécanisme spécial masqué par un caoutchouc blanc, révélé par le cadre transparent du clavier. Dans la pratique, ce choix de design se révélait catastrophique : tout le monde sait bien qu’un clavier ramasse tout ce qui traîne, poussières, poils, miettes, éclaboussures… Pas étonnant que les générations suivantes aient vu apparaître un cadre en aluminium et des touches beaucoup moins épaisses !

Apple 2003 USB Keyboard A1048 dirty

Si vous voulez nettoyer ce type de clavier, c’est possible, puisqu’il se démonte entièrement. On trouve des tutoriels sur Youtube, comme celui-ci. Il vous faudra du liquide vaisselle, du produit à vitres, de l’eau oxygénée (ou peroxyde d’hydrogène : par ici sur Amazon), et beaucoup de patience.

2019… Année du Mac Pro modulaire ?

Nous avons fêté en décembre 2018 les cinq ans du Mac Pro cylindrique, un concept plutôt joli mais que la marque n’a jamais réussi à mettre à jour. Apple, qui ne communique jamais sur ses projets, a tout de même annoncé une mise à jour majeure de son modèle pour 2019. Et les idées ne manquent pas, comme le rappelait MacG il y a quelques mois en ressortant quelques projets des cartons. De notre côté, fidèle à nos habitudes, c’est dans le passé que nous sommes allés chercher des idées. Et ça tombe bien, l’excellent livre « Apple Design : The Work of Apple Industrial Design Group », déjà cité sur ce blog, présente un concept imaginé en 1984-1985, et répondant parfaitement aux exigences de modularité.

Jonathan Macintosh Concept, 1984-1985

Sous le nom de code « Jonathan Computer Concept », les équipes de Frogdesign (Hartmut Esslinger, Tony Guido, Sigmar Wilnauer, Stephen Peart, Herbert Pfeifer) et Apple (John Fitch, Tom Toedtman, Ron Hocksprung, Joseph Friedman, Pat Jackson, Richard Henkey) avaient imaginé une réponse au PC d’IBM qui prenait son essor sur le marché professionnel. L’équipe faisait face à un triple enjeu, pour créer une plate-forme matérielle peu coûteuse, évolutive avec les besoins de l’utilisateur, et compatible aussi bien avec le Mac qu’avec DOS et Windows. En interne, ce projet devait aussi se distinguer du Big Mac (un Mac aux stéroïdes) et du futur Macintosh II ouvert.

C’est ainsi qu’apparut l’idée d’organiser l’ordinateur autour d’une « planche de base » (avec l’alimentation électrique et les ports d’entrées-sorties), sur laquelle des modules, de la taille d’un livre, venaient se ficher pour offrir de nouvelles fonctions : calcul, stockage, lecture de supports amovibles… Ainsi, Apple aurait pu sous-traiter la production et la vente à bas prix de cette « planche », pour se concentrer sur les modules à forte valeur ajoutée. D’autres constructeurs pouvaient également développer leurs propres extensions, comme un module DOS pour Microsoft, ou un module UNIX pour AT&T . Ou encore — pourquoi pas ? — un module Apple II… Non seulement les utilisateurs pouvaient ainsi choisir les modules dont ils avaient vraiment besoin, mais la puissance de leur machine apparaissait au grand jour, ce qui pouvait en faire un élément de fierté… Un argument un peu consumériste, on vous l’accorde.

Finalement, le projet ne verra jamais le jour.  Le projet Macintosh II avançait à grands pas et la concurrence entre les deux modèles n’était pas souhaitable, même si Frogdesign tentait de les distinguer par une couleur noire alors inédite chez Apple. De plus, la tailles des modules était incompatible avec les cartes d’extensions qui étaient devenues la norme avec l’Apple II. Puis Jean-Louis Gassée remarqua que la marge sur un Jonathan serait deux à trois fois inférieure à celle réalisée sur un Macintosh II, avant d’enfoncer le clou en envisageant que « l’effet halo », censé amener des clients des modules DOS/Windows vers les modules Mac, puisse aussi fonctionner à l’envers…