2019… Année du Mac Pro modulaire ?

Nous avons fêté en décembre 2018 les cinq ans du Mac Pro cylindrique, un concept plutôt joli mais que la marque n’a jamais réussi à mettre à jour. Apple, qui ne communique jamais sur ses projets, a tout de même annoncé une mise à jour majeure de son modèle pour 2019. Et les idées ne manquent pas, comme le rappelait MacG il y a quelques mois en ressortant quelques projets des cartons. De notre côté, fidèle à nos habitudes, c’est dans le passé que nous sommes allés chercher des idées. Et ça tombe bien, l’excellent livre « Apple Design : The Work of Apple Industrial Design Group », déjà cité sur ce blog, présente un concept imaginé en 1984-1985, et répondant parfaitement aux exigences de modularité.

Jonathan Macintosh Concept, 1984-1985

Sous le nom de code « Jonathan Computer Concept », les équipes de Frogdesign (Hartmut Esslinger, Tony Guido, Sigmar Wilnauer, Stephen Peart, Herbert Pfeifer) et Apple (John Fitch, Tom Toedtman, Ron Hocksprung, Joseph Friedman, Pat Jackson, Richard Henkey) avaient imaginé une réponse au PC d’IBM qui prenait son essor sur le marché professionnel. L’équipe faisait face à un triple enjeu, pour créer une plate-forme matérielle peu coûteuse, évolutive avec les besoins de l’utilisateur, et compatible aussi bien avec le Mac qu’avec DOS et Windows. En interne, ce projet devait aussi se distinguer du Big Mac (un Mac aux stéroïdes) et du futur Macintosh II ouvert.

C’est ainsi qu’apparut l’idée d’organiser l’ordinateur autour d’une « planche de base » (avec l’alimentation électrique et les ports d’entrées-sorties), sur laquelle des modules, de la taille d’un livre, venaient se ficher pour offrir de nouvelles fonctions : calcul, stockage, lecture de supports amovibles… Ainsi, Apple aurait pu sous-traiter la production et la vente à bas prix de cette « planche », pour se concentrer sur les modules à forte valeur ajoutée. D’autres constructeurs pouvaient également développer leurs propres extensions, comme un module DOS pour Microsoft, ou un module UNIX pour AT&T . Ou encore — pourquoi pas ? — un module Apple II… Non seulement les utilisateurs pouvaient ainsi choisir les modules dont ils avaient vraiment besoin, mais la puissance de leur machine apparaissait au grand jour, ce qui pouvait en faire un élément de fierté… Un argument un peu consumériste, on vous l’accorde.

Finalement, le projet ne verra jamais le jour.  Le projet Macintosh II avançait à grands pas et la concurrence entre les deux modèles n’était pas souhaitable, même si Frogdesign tentait de les distinguer par une couleur noire alors inédite chez Apple. De plus, la tailles des modules était incompatible avec les cartes d’extensions qui étaient devenues la norme avec l’Apple II. Puis Jean-Louis Gassée remarqua que la marge sur un Jonathan serait deux à trois fois inférieure à celle réalisée sur un Macintosh II, avant d’enfoncer le clou en envisageant que « l’effet halo », censé amener des clients des modules DOS/Windows vers les modules Mac, puisse aussi fonctionner à l’envers…