L'Aventure Apple



Chronologies : L'ogre Apple



Plus que tout autre domaine de l'industrie, le monde informatique est l'objet de créations, fusions et rachats incessants de sociétés. Apple, bien que longtemps discrète sur cet aspect de son activité, n'échappe pas à la règle. Ces dernières années, le rythme de ses achats s'est accéléré et se ressent sur les technologies qu'elle commercialise. Cependant, les données relatives aux acquisitions sont rarement rendues publiques et certaines d'entre-elles ne sont même jamais officialisées. À l'origine, les informations qui suivent ont donc souvent été obtenues sur la base d'indices, tels que des bilans comptables, des analyses de CV, des témoignages, ou des similitudes dans des technologies ou logiciels.




Durant ses premi√®res ann√©es, Apple ne s'autorise aucune acquisition. Bien au contraire : la premi√®re grande op√©ration de la marque consiste √† se s√©parer de sa division logicielle en 1987. Apple cr√©e alors une filiale, Claris, charg√©e de poursuivre de mani√®re ind√©pendante le d√©veloppement des logiciels MacPaint et MacWrite, pour √©viter toute accusation de concurrence d√©loyale envers les autres d√©veloppeurs. La filiale se fera notamment conna√ģtre pour son excellente suite bureautique ClarisWorks, qui reviendra sous l'aile d'Apple en 1998 et qui sera renomm√©e AppleWorks. Pour la petite histoire (mais l'on s'√©loigne un peu du sujet), ClarisWorks √©tait lui-m√™me le fruit de l'acquisition de StyleWare par Claris en 1988, et StyleWare n'√©tait rien d'autre que la petite entreprise de Scott Holdaway et Bob Hearn, deux anciens de‚Ķ Claris ! Au moins, on restait en famille, ce qui ne fut pas le cas quand, le 12 juillet 1988, Claris fit l'acquisition de Nashoba Systems, qui d√©veloppait depuis plusieurs ann√©es le logiciel FileMaker. En 1998, c'est d'ailleurs sous le nom de FileMaker Inc. que Claris prendra son ind√©pendance.


En attendant, dès l'année suivante, Apple acquiert trois entreprises coup sur coup, entre mars 1988 et janvier 1989 : Network Innovations, Orion Network Systems, puis Coral Software tombent sous l'escarcelle de la marque à la pomme. Network Innovations, la toute première acquisition d'Apple, développait CL/1, un outil qui devait permettre aux Macs de se connecter plus facilement aux serveurs VAX produits par DEC. Orion Network Systems proposait le même type d'outils mais pour la connexion aux serveurs SNA d'IBM. Enfin, Coral Software se spécialisait dans les langages de programmation et l'intelligence artificielle.




Voil√† pour les discrets d√©buts. Suivent quelques ann√©es de di√®te forc√©e, les finances d'Apple n'√©tant pas au plus haut. Jusqu'√† cette journ√©e du 20 d√©cembre 1996, quand Apple annonce qu'elle rach√®te la soci√©t√© NeXT, cr√©√©e par Steve Jobs apr√®s son √©viction d'Apple en 1985. Comme un symbole, la veille du solstice d'hiver. Comme pour dire que le pire est pass√©, que les jours meilleurs arrivent. Des jours meilleurs qui ne sont pas donn√©s, 400 millions de dollars dont 50 millions pour √©ponger les dettes de la mari√©e : la partie se joue √† quitte ou double pour Apple dont on dit que les finances sont au bord du gouffre. Avec ce rachat, Apple reconna√ģt surtout qu'elle a √©t√© incapable, durant les dix ann√©es pr√©c√©dentes, de mettre au point Copland, le nouveau syst√®me d'exploitation destin√© √† remplacer son Mac OS vieillissant. Gil Amelio l'annonce imm√©diatement : les pi√®ces d'Apple et de NeXT s'assemblent mieux que toutes autres, et les premiers Macs √©quip√©s du syst√®me NeXT sont promis pour 1997 !




Avec NeXT, Apple rach√®te donc le syst√®me d'exploitation NeXTStep et ses technologies de d√©veloppement modernes, √† commencer par WebObjects qui est rest√© ensuite de longues ann√©es au catalogue de la marque. Elle accueille √©galement √† nouveau Steve Jobs, qui devient le principal conseiller de son CEO, Gil Amelio. C'est peut-√™tre ce ¬ę d√©tail ¬Ľ qui sera l'√©l√©ment le plus important pour la suite de l'histoire, et qui faisait d√©faut √† toutes les autres pistes envisag√©es par Apple : BeOS, Solaris, et m√™me Windows NT ! Comme le notent alors les observateurs, Steve Jobs apporte √† Gil Amelio et Ellen Hancock le charisme dont Apple manquait.


La suite, on la conna√ģt : d√®s septembre 1997, Steve Jobs redevient CEO d'Apple, pr√©sente deux premi√®res versions de son nouveau syst√®me Rhapsody, puis annonce Mac OS X en 1998 et promet sa sortie pour 1999. La promesse sera tenue, avec la disponibilit√© de Mac OS X Server en mars 1999. Le public attendra Mac OS X beta (commercialis√© √† l'Apple Expo le 13 septembre 2000), puis Mac OS X 10.0 le 24 mars 2001. Steve Jobs l'annonce alors : Mac OS X sera le syst√®me d'Apple pour les quinze prochaines ann√©es, comme l'avait √©t√© son pr√©d√©cesseur depuis 1984. Et depuis 1999, le petit nouveau √©volue version apr√®s version‚Ķ et perdra finalement son nom "OS X" au profit d'un retour √† ¬ę macOS¬†¬Ľ en 2016, √† l'√©poque o√Ļ Apple g√®re d√©sormais quatre syst√®mes d'exploitation : macOS, watchOS, iOS et tvOS pour ses diff√©rentes plateformes.




L'une des premières décisions de Steve Jobs, devenu PDG par intérim de la société en juillet 1997, est de racheter pour 110 millions de dollars une grande partie des actifs de l'entreprise Power Computing dès le mois de septembre, mettant fin par la même occasion à la politique de licence de MacOS qui permettait à d'autres constructeurs de fabriquer leurs propres Macs. PowerComputing, c'était aussi une infrastructure de vente sur Internet très performante, qui permettra à Apple de se lancer dès novembre 1997 dans le e-commerce avec l'ouverture de l'Apple Store sur internet. En ligne de mire : Dell, et son site de vente en-ligne de PC qui avait fixé les règles de l'art en la matière, en moins de deux ans. D'autres acquisitions suivront dans le même domaine de compétence, comme l'entreprise Blue Fish Labs, spécialisée dans la création de sites de e-commerce, achetée en avril 2001.






En 1998, c'est chez Macromedia que la Pomme va faire ses emplettes. La firme, connue pour son logiciel de cr√©ation multim√©dia Director, a dans ses cartons un projet de logiciel de montage vid√©o surnomm√© ¬ę Key Grip ¬Ľ. Le projet est men√© par Randy Ubillos, cr√©ateur de Premiere chez Adobe en 1991, et qui avait rejoint Macromedia pour reprendre de z√©ro la programmation d'un logiciel similaire. Mais le projet n'avance pas et la firme souhaite se recentrer sur le d√©veloppement web. Sans conviction, Apple rach√®te le projet d√©j√† rebaptis√© ¬ę Final Cut ¬Ľ, pour 7 millions de dollars.


En une ann√©e, les √©quipes d'Apple vont mener le projet √† terme, sous le nom de Final Cut Pro. La premi√®re version du logiciel est pr√©sent√©e le 20 avril 1999 au NAB de Las Vegas. Pour Apple, le travail a consist√© √† int√©grer QuickTime et la norme FireWire au sein du logiciel. L'acquisition de la vid√©o devient aussi simple que brancher un c√Ęble et cliquer sur une ic√īne. Un PowerMac G3 et Final Cut Pro : une solution professionnelle compl√®te pour un dixi√®me du co√Ľt habituel. Le logiciel vaudra un Emmy Award √† Apple en 2002 pour son impact sur l'industrie audiovisuelle, un an apr√®s le premier qui venait r√©compenser l'invention et la commercialisation de la norme FireWire.




Quelques mois plus tard, le 5 octobre 1999, c'est iMovie qui fait son apparition. Directement issu de Final Cut Pro, il en reprend les principes de base dans une interface simplifiée et adaptée au grand public. Le logiciel est fourni en standard avec les premiers iMacs DV, équipés de FireWire.







En 1999, Apple rach√®te √† Acorn ses parts dans Xemplar Education, une joint-venture en charge de la commercialisation des produits des deux marques aupr√®s des institutions du monde de l'√©ducation en Grande-Bretagne. La m√™me ann√©e, la firme ach√®te Raycer Graphics, un petit fabriquant de puces sp√©cialis√©es dans la 3D, qui n'avait pas encore commercialis√© son premier produit ! En janvier 2000, c'est NetSelector qui dispara√ģt dans les griffes de l'ogre Apple.


Dans la foulée, Apple commence à s'intéresser à un autre domaine. Au second semestre 2000, la marque rachète à Casady & Green son logiciel SoundJam ainsi que son principal développeur, Jeff Robbin. Il faudra plusieurs mois pour aboutir à iTunes, premier du nom, le juke-box d'Apple. En plus des fonctions de lecture de CD et de MP3, Apple a ajouté le support du G4 pour l'encodage, ainsi que la technologie de gravure de CD acquise quelques mois auparavant avec le rachat de Radialogic, éditeur du logiciel CD Master.




Dans le même temps, Apple continue ses acquisitions dans le domaine de la vidéo afin de compléter son offre. Le 10 avril 2000, elle annonce le rachat des technologies de création de DVD d'Astarte, une société allemande. Le 26 avril 2001, elle rachète Focal Points System, éditeur du logiciel FilmLogic. Puis, en juillet 2001, c'est au tour de Spruce, une société californienne, d'être absorbée par la Pomme. Cette société développait des logiciels de création de DVD, mais aussi des technologies d'encodage et de distribution de DVD par internet.


Dans le m√™me temps, le 9 janvier 2001, la soci√©t√© commercialise iDVD et DVD Studio Pro, destin√©s √† la cr√©ation de DVD √† partir des films mont√©s sur iMovie ou Final Cut Pro. Le premier est gratuit tandis que le deuxi√®me est propos√© pour 999 dollars. Ces logiciels sont destin√©s dans un premier temps aux nouveaux PowerMac G4 √©quip√©s du SuperDrive, un graveur de DVD. Rapidement, ils seront √©tendus aux iMacs, PowerBooks puis iBooks √©quip√©s du m√™me SuperDrive. Ils resteront au catalogue jusqu'√† la fin des ann√©es 2000 : DVD Studio Pro s'√©teindra doucement d√®s 2007 sans recevoir de mise √† jour ; iDVD dispara√ģtra des nouveaux Macs apr√®s une derni√®re mise √† jour durant l'√©t√© 2011. Pour Apple, il √©tait temps d'abandonner les supports optiques pour se consacrer √† la vid√©o en-ligne.




De manière plus confidentielle, Apple rachète en mars 2001 la société PowerSchool et ses 160 employés pour 62 millions de dollars. La firme devient ainsi leader sur le marché des solutions permettant de gérer informatiquement la scolarité : bulletins de notes, appréciations, absences, emplois du temps, le tout consultable sur Internet par les parents… L'ensemble sera revendu en mai 2006 à la société Pearson, qui s'engagera à rendre la solution compatible avec l'iPod.


Toujours dans le domaine de la vidéo, Apple acquiert en février 2002 Nothing Real, l'éditeur de Shake, un logiciel de compositing utilisé dans les plus grandes productions cinématographiques. Puis en juin, c'est la société Silicon Grail, éditeur de RAYZ et Chalice, qui y passe, juste avant Prismo, éditeur d'India Titler Pro. Apple détient ainsi les principaux outils d'effets spéciaux et de générateurs de caractères pour le cinéma. Dès juillet 2002, la marque proposera sa propre mise à jour de Shake. Les outils de titrage et d'effets spéciaux seront quant à eux intégrés aux mises à jour de Shake et Final Cut Pro.




Le 4 avril 2002, Apple achète une société créée par plusieurs de ses anciens employés : Zayante. Spécialisée dans la norme FireWire, elle développait des logiciels et des équipements électroniques utilisés par les principaux acteurs du domaine. Difficile alors de ne pas faire le lien avec l'iPod qui commence à faire parler de lui et qui est alors uniquement disponible en FireWire (l'USB ne fera son apparition qu'un an plus tard). Par ce rachat, Apple fait revenir dans son giron les inventeurs de la norme FireWire et ses principaux supporteurs, à commencer par le PDG de Zayante, Prashant Kanhere.




En juin 2002, Apple rachète Propel Software, dont les outils visent à accélérer et optimiser la communication sur Internet, par le biais d'outils de compression et de mise en cache, ainsi que par le blocage des publicités en-ligne. Pour mémoire, nous sommes sept ans avant la première apparition d'AdBlock !


Le 2 juillet 2002, le rachat de Emagic par Apple ne passe pas inaper√ßu : cr√©ateur du logiciel Logic, destin√© au traitement audio et √† la cr√©ation musicale, la firme est le principal acteur du march√© musical professionnel. En dix-huit mois, Apple va combiner la douzaine d'outils vendus auparavant par Emagic, pour en tirer deux logiciels : Logic Pro 6 et Logic Express 6 pour les amateurs. Ces deux logiciels apparaissent en janvier 2004, en m√™me temps qu'une version grand-public, GarageBand, fournie avec la suite iLife et tout nouveau Mac. Gr√Ęce √† Mac OS X et son Core Audio, ces logiciels b√©n√©ficient de toutes les technologies modernes pour traiter le son en temps r√©el. Par la m√™me occasion, Apple supprime du catalogue les versions Windows des logiciels Emagic.




En juillet 2004, une ¬ę entreprise internationale ¬Ľ rach√®te √† Arizona Software son logiciel Curvus Pro. Aucun d√©tail n'est donn√© par l'ancien √©diteur, mais il semblerait bien que ce soit Apple, puisque l'on retrouve un logiciel quasiment identique dans Mac OS X ¬ę Tiger ¬Ľ, sous le nom de Grapher‚Ķ


En mars 2005, c'est la soci√©t√© SchemaSoft qui tombe dans l'escarcelle d'Apple, avec toutes ses technologies d'extractions de donn√©es au cŇďur des fichiers de toute nature : PDF, Word, Quark‚Ķ De l√† √† voir un lien avec Spotlight, la technologie de recherche au centre de Mac OS X 10.4, il n'y a qu'un pas‚Ķ Cependant, cette derni√®re avait √©t√© pr√©sent√©e bien avant le rachat. Peut-√™tre les technologies de SchemaSoft ont-elles enrichi Spotlight ou iWork ? Ou Apple a-t-elle cherch√© par ce rachat √† √©viter qu'un concurrent ne vienne marcher sur ses plates-bandes ?


En juin 2005, FingerWorks, une petite société américaine spécialisée dans le multi-touch (technologie relative à l'utilisation de plusieurs doigts sur une surface sensible pour commander un ordinateur) cesse officiellement ses activités. Elias et Westerman, ses deux créateurs doctorants, n'avaient pas forcément compris tout l'impact de leurs inventions, se cantonnant à créer de petits claviers capables de supporter également des gestes du bout des doigts. Il faudra plusieurs années pour que ce rachat soit quasiment officialisé, par le dépot de brevets pour Apple, au nom des deux créateurs de FingerWorks. Ce rachat a permis à la marque à la pomme d'acquérir un nombre important de brevets sur cette technologie (notamment les fameux gestes de zoom sur une image), leur donnant une avance de plusieurs années sur la concurrence (Google n'osera le multitouch sur Android qu'en 2010).







En octobre 2006, c'est au tour de Proximity, un éditeur spécialisé dans les outils vidéo : artbox, videoripper, xenotrack, xenostore. Autant d'outils de gestion et de production de films, clips ou émissions… Parmi les autres cordes à son arc : la diffusion de vidéos en ligne. Un indice au sujet du développement du rayon "Vidéos" de l'iTunes Store ? Deux mois plus tard, Silicon Color annonce le rachat de ses technologies, notamment l'outil de correction de vidéos FinalTouch, par Apple. Ses logiciels étaient justement devenus compatibles avec les Macs depuis peu.


En juillet 2007, Apple rachète le code-source de CUPS, une technologie "open-source" de gestion d'imprimantes, et embauche son concepteur par la même occasion. En réalité, Apple utilisait déjà cette technologie libre au sein de MacOS X pour gérer les impressions, tout comme d'ailleurs la plupart des distributions Linux, mais elle se permet ainsi d'en initier les évolutions au plus près.


Le 23 avril 2008, Apple annonce avoir achet√© la soci√©t√© PA Semi, sp√©cialis√©e dans la conception de processeurs tr√®s basse consommation. Montant de la transaction : pr√®s de 280 millions de dollars selon les experts. Clin d'Ňďil de l'histoire : cette soci√©t√© a bas√© ses recherches sur la technologie PowerPC, celle-l√† m√™me qu'Apple a abandonn√© deux ans auparavant. Le fondateur de la soci√©t√©, Dan Dobberpuhl, connu pour avoir auparavant invent√© les processeurs Alpha et StrongARM, pr√©sente son dernier b√©b√© comme trois fois plus efficace que ses concurrents, √† commencer par les produits d'Intel. La plupart des produits de PA Semi sont int√©gr√©s dans des produits militaires, faisant craindre √† l'arm√©e pour la s√©curit√© de ses technologies et la p√©rennit√© de son approvisionnement apr√®s ce rachat. Apple maintiendra une √©quipe en charge de cette client√®le particuli√®re.




Il faudra de longues semaines de sp√©culation, pour que Steve Jobs consente √† s'expliquer sur ce rachat : √† terme, la firme souhaite concevoir ses propres "System on chip", ou "syst√®me sur puce". Ainsi, les produits Apple gagneront en efficacit√© (l'int√©gration entre le logiciel et le mat√©riel √©tant encore plus aboutie), en s√©curit√© et en fonctionnalit√©s, sans aucune possibilit√© pour ses concurrents d'int√©grer ces m√™mes puces dans leurs produits. De plus, PA Semi √©tant un concepteur de puces, et non un fabriquant, c'est surtout en terme de mati√®re grise que ce rachat se justifie. On go√Ľtera les progr√®s d'Apple dans le domaine des processeurs avec les puces A (A4, A5, A6‚Ķ) dans les iPhones et iPads, puis les puces M (M7, M8‚Ķ) en charge de les √©pauler dans la d√©tection des mouvements de l'utilisateur, S (S1, S2‚Ķ) dans l'Apple Watch, W1 (dans les casques audio) et enfin T1 (qui dirige le lecteur d'empreinte Touch ID dans le MacBook Pro depuis 2016).




Avec un peu de retard, Apple flaire √† cet √©poque l'int√©r√™t de disposer d'une base g√©ographique de qualit√© : que ce soit pour le GPS, la conduite autonome, la r√©alit√© augment√©e, la publicit√© cibl√©e, il faut √† tout prix conna√ģtre l'environnement g√©ographique de ses utilisateurs. Or, pour filer la m√©taphore animale, Apple renifle surtout le derri√®re de Google, qui a pris de longues ann√©es d'avance dans le domaine. Apple d√©cide alors d'acc√©l√©rer ses acquisitions dans le domaine : Placebase durant l'hiver 2009 (sp√©cialiste de la gestion de cartes g√©ographiques et des donn√©es associ√©es - donc concurrent de Google Maps), Poly9 en juillet 2010 (elle-aussi concurrente de Google Maps), C3 Technologies en ao√Ľt 2011 (int√©gration de donn√©es 3D dans des cartographies). Il se murmure d'ailleurs que les √©quipes de ces soci√©t√©s ont √©t√© regroup√©es dans une unit√© d√©nomm√©e "Sputnik", en r√©f√©rence √† la crise qui avait marqu√© les Etats-Unis √† la suite de la mise en orbite du premier satellite russe. C'est dans cet √©tat d'esprit que les dirigeants d'Apple envisagent alors de rattraper leur retard sur Google en lan√ßant Apple Maps (Plans, en fran√ßais) qui sera finalement officialis√© en 2012, dans la cacophonie de bugs et d'incoh√©rences que l'on conna√ģt. Il faudra plusieurs ann√©es pour obtenir une application vraiment fonctionnelle, et les achats dans ce domaine ne manqueront pas, comme nous allons le voir.




Dans le m√™me temps, Apple rach√®te plusieurs rachats de soci√©t√©s de petite taille : Lala en d√©cembre 2009 (vente et partage de musique en ligne) ; Quattro Wireless en janvier 2010 apr√®s le rachat de son concurrent Admob par Google (plate-forme de publicit√© pour appareils mobiles, qui donnera naissance √† iAd en 2010, lequel fermera ses portes en 2016 sans jamais avoir connu le succ√®s); Rare Light le m√™me mois (une soci√©t√© d√©veloppant des capteurs cardiaques, premi√®re incursion d'Apple dans le domaine de la sant√©), Intrinsity en avril 2010 (sp√©cialiste de l'am√©lioration des puces ARM telles que celles utilis√©es dans l'iPhone et l'iPad) ; et bien s√Ľr, Siri le m√™me mois. Siri √©tait depuis 2007 une technologie d'intelligence artificielle li√©e √† la recherche d'informations suite √† une question pos√©e vocalement par l'utilisateur. C'est exactement ce qu'elle restera lors de son int√©gration √† iOS en octobre 2011 (en version beta jusqu'en septembre 2013). Google et Samsung r√©pliqueront d√®s 2012 avec Google Now et S Voice, puis Microsoft en 2014 avec Cortana.




La liste des acquisitions se poursuit en septembre 2010 avec le rachat de IMSense, sp√©cialis√© dans les photographies HDR (grande gamme dynamique), une technologie qui sera ensuite int√©gr√©e √† l'appareil photo d'iOS. En septembre, c'est au tour de Polar Rose, une start-up europ√©enne cr√©√©e en 2007 et qui dispose d'une technologie prometteuse de reconnaissance faciale. Puis vient 2011 et le rachat d'Anobit, une entreprise isra√©lienne sp√©cialis√©e dans le domaine des m√©moires flash, au coeur du stockage dans les appareils mobiles. Une acquisition frisant tout de m√™me les 500 millions de dollars ! Un montant qui ferait presque oublier l'acquisition de Chomp, un moteur de recherche d'applications, pour un dixi√®me de cette somme, afin d'enrichir l'App Store d'un syst√®me de recherche capable de chercher d'apr√®s les fonctions des logiciels, et pas seulement d'apr√®s leurs noms. Oui, c'est le prix d'un moteur de recherche en f√©vrier 2012. Trois mois plus tard, la marque ach√®te Redmatica, une startup italienne commercialisant un logiciel d'√©dition musicale (sp√©cialis√© dans l'auto-sampling des synth√©tiseurs midi externes afin d'en extraire des programme d'EXS24 - ne m'en demandez pas plus). Cette fonction r√©appara√ģtra sous forme de plug-in dans MainStage 3 (l'alter-ego de Logic Pro pour les concerts), trois ans plus tard.




En juillet 2012, Apple rach√®te coup sur coup MOG (un service de streaming de musique √Ęg√© de 9 ans), puis AuthenTec, qui lui vaut un nouveau ch√®que de plus de 350 millions de dollars. AuthenTec, c'est une entreprise am√©ricaine d√©veloppant des technologies de cryptage de donn√©es, de paiement sans contact, et de reconnaissance d'empreintes (que l'on retrouvera plus tard sous le nom de Touch ID dans iOS en 2013, puis dans macOS en 2016). En m√™me temps qu'elle achetait AuthenTec, Apple achetait √©galement une grande part des brevets de Privaris, l'un des partenaires de cette soci√©t√©. Pour terminer l'ann√©e, Apple commande au P√®re No√ęl la startup Particle (sp√©cialis√©e dans l'HTML5) puis Color Labs (un service de partage de vid√©os et de photos cr√©√© par Bill NGuyen, le fondateur de Lala ‚ÄĒ rachet√© par Apple en 2009). Cette derni√®re acquisition, au prix de 7 millions de dollars, reste des plus surprenantes, tant le produit rachet√© pr√©sentait peu d'int√©r√™t, avec une base inf√©rieure √† 100.000 utilisateurs et peu de perspectives d'avenir.




En 2013, Apple cherche visiblement √† am√©liorer son Apple Maps √† tout prix. Elle ach√®te coup sur coup WiFiSlam, un sp√©cialiste de la cartographie d'int√©rieur des b√Ętiments publics (une technologie d√©j√† utilis√©e par Google sur Android), puis Locationary (une soci√©t√© canadienne ayant d√©velopp√© une base de donn√©es des entreprises, bas√©es sur les informations transmises par ses utilisateurs), HopSpot.com (une application compilant les informations de trafic routier de 300 villes, √† la mani√®re de Waze, √©chang√© contre un ch√®que d'un milliard de dollars selon certaines sources), Broadmap (un bel imbroglio pour Apple, √† tel point que l'entreprise ne sera pas dissoute et conservera une licence de ses propres technologies pour conserver ses contrats dont la r√©siliation anticip√©e aurait √©t√© trop co√Ľteuse), Embark (une app d√©di√©e aux transports publics).


La m√™me ann√©e, plut√īt fastueuse, Apple ach√®tera √©galement Novauris Technologies (une technologie de reconnaissance vocale), Catch.com (une application de prise de note concurrente d'Evernote), PrimeSense (une entreprise ayant cr√©√© le capteur 3D Kinect de la console XBox de Microsoft, qui lui co√Ľtera tout de m√™me 345 millions de dollars), Passif Semiconductor (qui d√©veloppe des puces basse consommation pour le protocole Bluetooth et des SoC, System on a Chip ou Syst√®mes sur une puce ‚ÄĒ vous avez dit iWatch ?), Matcha.tv (un syst√®me de recommandation de vid√©os pour les services de vid√©o-√†-la-demande), AlgoTrim (une entreprise su√©doise sp√©cialis√©e dans la compression des donn√©es et l'optimisation des services sur smartphone), Cue (un assistant personnel capable d'agr√©ger des informations r√©cup√©r√©es dans vos fichiers, agendas, mails, autant de domaines o√Ļ Siri est aveugle), Acunu (un service d'analyse de bases de donn√©es qui pourrait am√©liorer le fonctionnement d'iCloud ou des boutiques d'iTunes), Ottocat (un autre moteur de recherches sp√©cialis√© dans les applications mobiles) et Topsy Labs (une technologie d'analyse des tweets en temps r√©el, qui servira de base √† la suggestion d'actualit√©s dans iOS 9).




2014 se poursuit sur le m√™me rythme. Ainsi, d√®s le mois de janvier, Apple ach√®te SnappyLabs, qui avait d√©velopp√© le logiciel SnappyCam, capable de d√©clencher l'appareil photo de l'iPhone en rafale √† 60 images par seconde, gr√Ęce √† un travail tr√®s pouss√© d'optimisation de la compression JPEG. Le mois suivant, Burstly les rejoint, avec sa plateforme TestFlight qui permet de suivre le d√©veloppement puis la commercialisation d'une application mobile, du beta-test jusqu'√† la r√©partition des revenus publicitaires. En mai, Apple rach√®te LuxVue Technology, un sp√©cialiste des √©crans bas√© sur des micro-LED.




Le 28 mai 2014, Apple signe le plus gros ch√®que de son histoire pour acheter Beats, une entreprise fond√©e en 2006 qui commercialise des casques audio avec un certain succ√®s, puisqu'elle d√©tient pr√®s de deux-tiers du march√© des casques de plus de 100 euros. Beats, sous l'impulsion de son PDG Jimmy Iovine, et son VRP le producteur-chanteur Andre ¬ę Dr. Dre ¬Ľ Young, venait de racheter ses propres parts des mains d'HTC, pour se lancer dans le march√© du Streaming musical. Sp√©cificit√© de cette op√©ration : Beats restera une filiale d'Apple, √† l'image de FileMaker, en conservant donc son logo et sa culture. Beats, la radio en streaming, devient par la m√™me occasion la premi√®re application Android g√©r√©e par Apple. Et quand Beats Music deviendra Apple Music (avec sa cha√ģne de radio Beats 1) le 30 novembre 2015, Apple maintiendra la compatibilit√© avec Android, et ajoutera m√™me une nouvelle application dans le Play Store de Google, "Beats Pill+", pour contr√īler les enceintes du m√™me nom.




Interrogé sur l'opportunité de dépenser le PIB du Burundi pour acheter un fabricant de casques, Eddy Cue, vice-président d'Apple, précisera qu'Apple voulait à tout prix s'adjoindre les services de Jimmy Iovine et Dr. Dre, qu'elle s'intéressait aux technologies développées dans les casques et les enceintes de la marque, mais aussi qu'elle considérait que Beats Music était le premier bon service de streaming musical sur le marché. De manière évidemment subsidiaire, la possibilité de disposer en exclusivité des albums produits par Dr. Dre, et plus largement de mettre un pied dans le monde de la production musicale, devait aussi plaire au constructeur.


Les acquisitions se poursuivent avec Spotsetter en juin, l'éditeur d'un petit moteur de suggestions de sorties, basé sur les habitudes des amis sur les réseaux sociaux ainsi que sur les recommandations des usagers des bars, restaurants et autres établissements situés à proximité. De quoi améliorer encore l'application Plans. Dans la foulée, c'est un autre moteur de suggestion, de lectures cette fois-ci, qui tombe dans l'escarcelle d'Apple. BookLamp rejoint Apple en juillet 2014, pour améliorer l'expérience utilisateur de la plateforme d'iBooks et mieux concurrencer Amazon qui excelle dans la vente de livres électroniques, et qui avait racheté un service similaire, Goodreads, l'année précédente. Le même mois, Apple achète encore un autre moteur de suggestions, de musique cette fois-ci : Concept.io de l'entreprise Swell, vraisemblablement pour améliorer la section "podcasts" d'iTunes. Puis vient le tour de Prss, un outil permettant de créer facilement des périodiques à diffuser sur iPad, qu'Apple pourra utiliser pour enrichir son logiciel iBook Authors. L'année 2014 s'achète avec le rachat de Union Bay Networks, une petite entreprise spécialisée dans le "Cloud".




Durant l'ann√©e 2015, Apple va avaler plus d'une soci√©t√© par mois. Semetric ouvre le bal en janvier, avec son outil d'aide au marketing musical Musicmetric, qui surveille les r√©seaux sociaux pour rendre compte de l'accueil r√©serv√© par le public √† un album, un chanteur ou un clip vid√©o. Le mois suivant, Camel Audio, qui d√©veloppe Alchemy, un logiciel de cr√©ation musicale. En mars, FoundationDB, une entreprise sp√©cialis√©es dans l'efficience des bases de donn√©es (ce dont Apple ne manque pas, entre iTunes, l'App Store et tous ses autres services en ligne). Apple s'offre aussi Dryft, l'√©diteur d'un clavier virtuel plut√īt innovant, capable de d√©placer ses touches √† l'√©cran pour compenser les mouvements de l'utilisateur et √©viter les erreurs de frappe. De quoi am√©liorer encore la correction du clavier d'iOS, qui utilisait d√©j√† un moteur de reconnaissance d'orthographe pour compenser les erreurs ? Toujours en avril, Apple s'offre Linx Imaging, une compagnie produisant des modules photo particuliers pour les appareils nomades, puisque compos√©s de plusieurs optiques capables de travailler de concert. Il faudra attendre septembre 2016 pour voir un iPhone se parer d'un tel capteur (bien apr√®s ses concurrents Honor 6 Plus, LG V10, LG G5, Huawei P9 ou HTC M8‚Ķ).




Le mois suivant, Apple ach√®te Coherent Navigation, une toute petite startup plut√īt habitu√©e √† travailler avec le Pentagone sur des technologies de g√©olocalisation de haute pr√©cision, associant les satellites GPS et Iridium pour am√©liorer le positionnement et contrecarrer les tentatives de brouillage. De quoi am√©liorer la pr√©cision de Plans dans des zones urbaines ou √† l'int√©rieur des b√Ętiments ? Vient ensuite le tour de Metaio, une entreprise fond√©e en 2003 et qui s'√©tait sp√©cialis√©e dans la r√©alit√© augment√©e, qui consiste √† incruster en temps r√©el dans l'image que filme votre iPhone, des √©l√©ments suppl√©mentaires, qui peuvent √™tre aussi bien des annotations que des objets, des personnages ou des b√Ętiments. √Ä la fin de l'√©t√©, Apple s'offre Mapsense, sp√©cialis√©e dans le traitement des √©normes volumes de donn√©es de g√©olocalisation issus des appareils mobiles. VocalIQ suit peu apr√®s, avec ses technologies promettant de faire dialoguer humains et ordinateurs de la mani√®re la plus naturelle possible, notamment dans le domaine des v√©hicules autonomes, o√Ļ l'on pr√™te depuis longtemps de grandes ambitions √† la marque √† la pomme. En octobre, Apple rach√®te Perceptio, une startup tentant de d√©velopper une intelligence artificielle capable notamment de reconna√ģtre les visages et les objets sur les photos et, plus efficacement encore, sur les vid√©os. Perceptio cherchait notamment √† r√©duire la d√©pendance de son intelligence artificielle aux donn√©es stock√©es en-ligne. Enfin, l'ann√©e 2015 s'ach√®ve avec le rachat de Faceshift et sa technologie de "Motion Capture", capable de reconna√ģtre les mouvements et expressions d'un visage pour les appliquer √† un mod√®le 3D.




Une fois n'est pas coutume, Apple aurait également acheté en 2015 autre chose que des génies et des brevets : une vraie usine en brique et en ciment à San Jose, en Californie, une usine remplie de près de 200 machines capables de fabriquer des petits volumes de puces électroniques, par exemple pour la création de prototypes. Ladite usine appartenait auparavant à Maxim Integrated Products, un petit producteur de puces telles que des accéléromètres, baromètres, et autres capteurs médicaux, comme on en retrouve dans les iPhones ou les Apple Watch.




L'ann√©e 2016 commence comme 2015 s'√©tait achev√©, avec le rachat d'un autre sp√©cialiste des expressions faciales. Mais Emotient ne se contente pas de recopier ces √©motions : elle les analyse pour en d√©duire les √©motions exprim√©es par le sujet. Vient ensuite le tour de LearnSprout, qui fournit aux √©coles des logiciels pour suivre et analyser les r√©sultats et les progr√®s des √©l√®ves. De quoi relancer l'int√©r√™t des √©tablissements scolaires pour l'iPad, malmen√© par des tablettes et des chromebooks moins chers. Nous sommes toujours en janvier et une troisi√®me entreprise s'ajoute aux pr√©c√©dentes : Flyby Media, une petite entreprise sp√©cialis√©e dans la r√©alit√© augment√©e. En f√©vrier, on apprend le rachat de LegbaCore, une entreprise sp√©cialis√©e en s√©curit√© informatique, qui avait notamment d√©couvert Thunderstrike 2, le premier virus capable de survivre √† une r√©installation compl√®te du Mac, en se dupliquant dans les ROM des accessoires Thunderbolt. Changement de cap encore en ao√Ľt et en septembre avec le rachat de Turi et Tuplejump, deux groupes sp√©cialis√©s dans le "machine learning", c'est √† dire la capacit√© d'un logiciel d'apprendre au fur et √† mesure de son utilisation, notamment pour √©viter de r√©p√©ter des erreurs et pour s'adapter √† l'utilisateur, par exemple pour mieux cibler les publicit√©s, ou d√©tecter des anomalies ou des fraudes.




L'ann√©e 2016 se poursuit avec le rachat de Gliimpse, pour 200 millions de dollars tout de m√™me. Gliimpse s'√©tait donn√© pour objectif d'unifier les milliers de syst√®mes informatiques li√©s √† la sant√©, pour permettre de collecter et partager ces donn√©es. On conna√ģt les grandes ambitions d'Apple dans le domaine de la sant√©, avec notamment ses trois technologies compl√©mentaires HealthKit, CareKit et ResearchKit qui sont au coeur des iPhones et des Apple Watchs. En d√©cembre, Apple ajoute √† la liste indoor.io, un autre sp√©cialiste de la cartographie d'espaces ferm√©s, comme les mus√©es ou les a√©roports : l√† encore, on imagine bien les avantages de cette technologie pour faciliter les d√©placements avec le logiciel Apple Plans.




D√©cid√©ment, Apple croit en l'int√©r√™t de la technologie de reconnaissance faciale, puisqu'elle entame 2017 en acqu√©rant un autre sp√©cialiste du domaine, l'entreprise RealFace, qui optimisait notamment sa technologie pour qu'elle soit aussi √©conome que possible en resources. Au moment o√Ļ Samsung s'appr√™te √† commercialiser son Galaxy S8 dot√© d'une telle technologie permettant de d√©verrouiller l'appareil, on ne sait pas si Apple poursuit le m√™me genre d'objectif ou si elle vise plut√īt le c√īt√© social de la reconnaissance des visages. Seconde acquisition, l'entreprise Workflow, qui proposait une application permettant de cr√©er des scripts pour automatiser des t√Ęches entre plusieurs applications sur l'iPad, et donc gagner en productivit√©. Vient ensuite le tour de Beddit, sp√©cialis√©e dans le suivi du sommeil, une fonction tr√®s populaire des utilisateurs d'Apple Watch souhaitant suivre leur activit√© nocturne. Apple remet ensuite un ch√®que de 200 millions de dollars sur la table pour s'offrir Lattice Data, une soci√©t√© ayant d√©velopp√© des outils permettant de structurer des donn√©es en vrac (on parle de "dark data") pour en faire quelque chose d'exploitable par une base de donn√©es.






Au final, on se rend compte qu'aujourd'hui, beaucoup de technologies d'Apple ne sont pas nées dans ses murs : Mac OS X, iTunes, iMovie et Final Cut , GarageBand et Logic Pro, Siri, Plans, iAd… Au passage, beaucoup des technologies acquises par Apple ont été éloignées par la même occasion des autres plateformes, la marque s'en réservant l'exclusivité (iTunes en est une exception notable). Nécessité technique ou politique commerciale, les avis sont partagés… Le résultat est là : Apple a su intégrer ces technologies, en tirer le meilleur, et créer des solutions dont le succès ne se dément pas jusqu'à présent. Autre conséquence de ces rachats : avec des cerveaux de plus en plus éparpillés dans le monde, Apple a été contrainte d'ouvrir des centres de recherches et de développement dans de nombreux pays, soit pour adapter son offre au marché local, soit pour y faire travailler les ingénieurs ne souhaitant pas rejoindre les Etats-Unis.


Parmi les points communs √† l'ensemble des soci√©t√©s rachet√©es, on trouve souvent un ou plusieurs pr√©c√©dents investisseurs, souvent √† hauteur d√©j√† de plusieurs millions de dollars. Il faut dire qu'avec ses dizaines, et bient√īt se centaines de milliards de dollars de c√īt√©, la firme √† la pomme peut tout s'offrir. Que ce soit pour s'ouvrir de nouveaux horizons ou simplement pour am√©liorer l'exp√©rience utilisateur de ses produits, et donc maintenir leur succ√®s, les acquisitions de quelques dizaines de millions de dollars sont indolores, m√™me quand elles paraissent disproportionn√©es. De toute mani√®re, inutile de chercher √† en savoir plus. Interrog√©s sur ces diff√©rentes acquisitions, les hauts responsables de la soci√©t√© se contentent g√©n√©ralement de r√©pondre : "Apple buys smaller technology companies from time to time, and we generally do not discuss our purpose or plans". En version fran√ßaise : Apple ach√®te de petites entreprises technologiques de temps en temps, et nous ne discutons g√©n√©ralement pas de nos objectifs et de nos plans.



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