L'Aventure Apple



Logiciels : MacOS X



Souvenez-vous : peu après la sortie du Système 7, Apple promettait la sortie d'un système révolutionnaire, moderne, multitâche, offrant la mémoire protégée et une interface révolutionnaire. Copland, de son petit nom, fut abandonné après des années de développement et des millions de dollars investis. Puis vint Rhapsody, après le rachat de Next Software par Apple. Un an après l’annonce, le projet est transformé et prend le nom de MacOS X. La version Serveur est très vite disponible. La version grand public, elle, tarde à venir. Le suspens a été enfin levé à la MacWord Expo de janvier 2000, la même qui avait accueilli un an plus tôt la sortie des nouveaux G3 et des iMacs en couleurs. MacOS X aurait dû être disponible à l'été 2000, puis a été repoussé encore au 24 mars 2001, mais le travail accompli par les équipes de développement est impressionnant. On notera tout de même que Copland était annoncé pour 96 et MacOS X pour 1999…


[Retrouvez toute l'évolution des versions de MacOS X ici !]

Interface Utilisateur : nouveaux concepts et nouveau design
Quand on y regarde de près, le système 9 n’est rien d’autre, au niveau de l’interface, que le système original du Macintosh un petit peu ravalé (interface platine, effets 3D, fenêtres-tiroirs…). MacOS X, lui, annonce une interface entièrement repensée, s’inspirant du monde Unix, du design des iMacs et G4, et du MacOS actuel. Ce n’est pas seulement une question de design : toute l’interface entre l’humain et l’ordinateur est repensée. Cela risque de surprendre bien des utilisateurs : beaucoup de réflexes acquis depuis plus de 15 ans vont devoir être oubliés...

Quelques exemples : tout le Finder est regroupé en une fenêtre : double-cliquez sur un dossier, et son contenu apparaît dans la fenêtre précédente. L’intérêt est d’éviter la multiplication des fenêtres affichées à l’écran. Cette solution, déjà adoptée par Windows 98, ne plait pas à tout le monde, loin de là ! Il est parfois utile ou agréable de conserver plusieurs fenêtres ouvertes, pour les copies de fichier ou l’utilisation de plusieurs fichiers ou applications présents dans des dossiers séparés. Heureusement, Apple le sait et il est tout à fait possible de demander à MacOS X de réagir comme MacOS Classic, en ouvrant autant de nouvelles fenêtres à chaque double-clic.

Cette nouvelle interface est légèrement modifiée avec la sortie de la DP4 (Developper Preview 4) de MacOS X, en mai 2000. Notamment, il devient possible de supprimer la barre des boutons en haut des fenêtres, pour retrouver une interface plus proche de celle de MacOS "Classic". De plus, trois petites icones permettent de passer d'un mode d'affichage à un autre : par icone, par liste ou par "browser". En Janvier 2001, Steve Jobs présente un grand nombre de nouveautés : la barre des boutons est personnalisable, on peut la masquer grâce à un nouveau bouton dans la barre de titres.



On peut également faire apparaître un menu correspondant à chaque icone du dock (pour ouvrir les fenêtres, changer les réglages...). Enfin et surtout, le menu Pomme, qui avait été supprimé au profit d'un menu Application, refait son apparition ! Un dernier petit détail amusant : une fenêtre QuickTime réduite dans le dock continue d'afficher son contenu, en direct, dans le dock !



La présentation par "browser" est récupérée de l'interface NeXT, avec l’arborescence des dossiers et fichiers sous forme de colonnes. Très pratique pour naviguer rapidement, d’autant plus que cette présentation permet d’afficher une prévisualisation de tout fichier sélectionné. Mais ce qui est le plus impressionnant pour un utilisateur habitué de MacOS, c’est la disparition du principe du bureau : les disques connectés et la corbeille ne sont plus affichés sur le bureau par défaut (on peut néanmois faire afficher automatiquement des alias des disques montés sur le bureau). MacOS X reprend en fait à son compte le concept du Workspace Manager de Next. On accède aux disques en cliquant sur le bouton " Ordinateur " de la fenêtre du Finder, et la corbeille rejoint le dock, situé en bas de l’écran, et qui contient tous les fichiers ou dossiers que l’utilisateur glisse dessus ainsi que les applications actives. Comme des fenêtres-tiroirs, il suffit de cliquer sur un bouton pour que la fenêtre active rejoigne le dock, dans un effet d’aspiration vers le bas. Cet effet étant gourmand en ressources système, il peut être remplacé par une simple réduction, dans la version 10.1 du système, qui inaugure aussi la possibilité de déplacer le dock ailleurs qu'en bas de l'écran, par exemple pour le placer sur le côté.



Autre innovation, qui plaira sûrement plus que les autres : les dialogues d’enregistrement de fichiers ne sont plus des fenêtres : ils glissent sous la barre de titre de la fenêtre correspondante, et vous pouvez continuer à travailler avec les autres fichiers et applications avant d’enregistrer.

Un détail est assez amusant : avant le système 7, les Tableaux de Bord étaient regroupés dans une seule fenêtre et représentés par des icones alignées à gauche. Avec le passage au système 7, ce concept disparaissait et les tableaux de bord étaient regroupés dans une fenêtre du Finder et réagissaient comme des applications banales. MacOS X reprend exactement le principe originel du Macintosh : les tableaux de bord sont des fichiers spéciaux et s'ouvrent dans une seule et même fenêtre.



Du côté du design, le nouveau MacOS s’inspire de tout ce qui a fait le succès des iMacs et G3 : transparence, couleurs vives… La barre des menus quitte le gris habituel pour prendre la couleur du plastique blanc " ondulé " des iMacs. Ces mêmes menus ont d'ailleurs une propriété intéressante : ils disparaissent progressivement quand ils sont relâchés : au lieu de les laisser s'effacer comme avant, les concepteurs du système ont ajouté un effet de fondu.

Les boutons s’arrondissent, ainsi que les ascenseurs, et prennent des couleurs acidulées. Les menus sont translucides, les cases des barres de titre (fermeture, réduction, redimensionnement) sont regroupées en haut à gauche de la fenêtre et sont représentées par des ronds de couleurs qui changent d’aspect quand la souris passe dessus. Le changement de design cache également une possibilité toute nouvelle : agir sur des fenêtres en arrière-plan sans les activer (par exemple, fermer une fenêtre ou la réduire). Le reproche que l'on peut adresser à Apple est de rapprocher des boutons à effet destructif (la fermeture de la fenêtre) de boutons à effet non destructif (réduction ou envoi dans le Dock).


Sous l’interface, l’architecture

On l’oublie souvent, mais le système est le moteur de l’ordinateur : c’est de lui que dépend la stabilité des applications, et leur vitesse d’exécution (en partie : le processeur joue bien sûr un rôle autrement plus important). Un système, c’est un noyau (qui gère les échanges entre matériel et logiciels, les entrées/sorties, la gestion de la mémoire…), des API (interface de programmation), utilisées par les développeurs, et enfin une interface graphique.

Ici, le noyau s’appelle Darwin, il repose sur un Unix (Mach 3.0, la référence des meilleurs systèmes Unix) qui assure stabilité et rapidité au système. Trois environnements d’API coexistent : Classic (qui gère les applications MacOS 8/9, sans offrir les bénéfices de MacOS X), Carbon (applications légèrement transformées pour bénéficier des possibilités de MacOS X) et Cocoa (qui offre aux développeurs des API orientées objet, en clair des possibilités révolutionnaires).

Le tout donne un résultat à la hauteur des attentes des utilisateurs : le système est réellement multitâche et résistant au crashs.



Le système repose également sur QuickTime et OpenGL (images, vidéo et 3D) ainsi que sur Quartz (pour les documents PDF, compatibles Mac/PC et visualisables sur Internet). Ainsi, les professionnels de la vidéo, de la 3D et de la retouche d’images, tout comme les amateurs de vidéo ou de jeux 3D bénéficient de ce qui se fait de mieux en matière de graphisme !

MacOS X s’annonce donc comme la plus grande avancée en matière de système depuis le Macintosh. Design agréable, nouveaux concepts… Même si 128 Mo de ram sont recommandés par Apple, les premiers iMacs (à 233 Mhz) seront de la fête, comme l'avait promis Steve Jobs. En revanche, il est évident qu'une machine plus puissante (et notamment équipée d'un G4) ne sera pas du luxe pour profiter pleinement de MacOS X !


Plus d’information :
www.apple.com/macosx


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